En cette fin de juillet où une canicule suffocante engourdissait la métropole lyonnaise, la Presqu’île semblait ployer sous un ciel d’étain brûlant, emprisonnant la chaleur entre les deux fleuves inertes et répercutant la réverbération du soleil sur les façades bourgeoises jusqu’à rendre l’air presque irrespirable. C’est à quelques rues de la place Bellecour, enchâssé dans le lacis des artères commerçantes que les passants fuyaient désormais, que se dressait la masse assombrie du Great Shop, vaste édifice néo-classique édifié à la fin du Second Empire, dont la pierre de taille, noircie par un siècle de fumées urbaines, dissimulait à peine la hardiesse de ses armatures de fer. Autrefois sanctuaire étincelant de la draperie et des nouveautés parisiennes, ce vaste bâtiment n'était plus, depuis sa faillite retentissante survenue trois ans plus tôt, qu’une gigantesque coquille vide dont les vitrines du rez-de-chaussée gisaient aveugles sous d'épais panneaux de contreplaqué, tandis qu'à son sommet, sur un toit-terrasse oublié des hommes, une immense serre d'hiver en fonte moulée et verrières polychromes, jadis destinée aux rafraîchissements des dames de la haute société, s'était muée sous l'effet de l'abandon en une véritable jungle tropicale suspendue au-dessus du vide.

C'est dans l'étuve moite de cette structure de verre, où la température atteignait des hauteurs vertigineuses, qu'était venu se réfugier Grégory, homme d'une cinquante-cinquantaine d'années dont l'aspect général trahissait immédiatement ce naufrage social que les statistiques industrielles désignent du terme pudique de licenciement économique. De taille moyenne, le buste légèrement voûté par des décennies d'attention soutenue penchée sur des mécanismes de précision, Grégory portait les stigmates visibles d'une déchéance récente : ses joues autrefois charnues s'étaient creusées d'un réseau de rides d'anxiété, donnant à son visage oblong une pâleur de plâtre, tandis que son col de chemise en toile grise, trop large de deux tailles, révélait la fonte musculaire rapide provoquée par l'inactivité et le chagrin. Ses yeux, d'un bleu d'acier délavé sous des sourcils broussailleux et grisonnants, conservaient néanmoins une fixité singulière, presque stoïque, qui contrastait avec l'usure de ses vêtements. Ses mains surtout, larges, épaisses, aux ongles rognés ras mais bordés d'une netteté irréprochable, possédaient cette beauté grave des outils vivants, façonnés par trente ans d'ajustage mécanique et brutalement condamnés au vide. Sous son bras, il serrait une sacoche de cuir râpé ainsi qu'une lourde baladeuse d'étalage en laiton patiné, munie d'une cage en fil de fer et d'un câble en tissu élimé qu'il venait de dénicher dans les réserves enfouies du deuxième sous-sol.

Tapis à l'autre extrémité de la verrière, dissimulé derrière le dôme végétal d'un ficus sauvage dont les racines avaient fendu les dalles de ciment, un enfant l'observait sans émettre le moindre souffle. Dimitri, âgé de dix ans à peine, offrait le spectacle poignant de ces enfances prématurément mûries par le malheur. D'une maigreur d'oiseau tombé du nid, les épaules saillantes sous un maillot de coton décoloré et trop grand pour sa fine charpente, il possédait un visage anguleux illuminé par des yeux d'un noir profond, mobiles et farouches, qui scrutaient le monde avec la vigilance perpétuelle d'un être habitué aux coups et aux déflagrations imprévisibles du monde adulte. Ses jambes grêles, couvertes d'écorchures anciennes en voie de guérison, témoignaient de fuites nombreuses et d'une vie passée à se faufiler à travers les ronces de la ville, tandis que sa chevelure sombre, coupée à la hâte et en désordre, lui retombait sur le front comme un rempart naturel. Délivré depuis peu de la tutelle d'un foyer violent dont la justice avait enfin puni le bourreau, l'enfant avait fait de cette serre son domaine inviolable, le seul lieu où son corps cessaît de trembler.

S'asseyant pesamment sur un banc de rempotage en sapin vermoulu qui craqua sous son poids, Grégory ne prêta d'abord aucune attention aux ombres végétales qui l'entouraient, uniquement absorbé par ce besoin viscéral de remettre de l'ordre dans la matière pour oublier le chaos de son existence. Déployant sur le bois ses instruments de précision avec une lenteur solennelle, il entreprit de démonter la cage de laiton, en retirant les vis grippées grâce à un tournevis au manche d'ambre usé, avant d'essuyer avec le pan de sa veste la couche de crasse antique qui opacifiait le verre dépoli de la lampe. Ses doigts agilement guidés par une mémoire professionnelle infaillible dénudèrent le câble, isolèrent les fils de cuivre menaçants sous un ruban d'adhésif noir, puis remontèrent la structure avec cette méticulosité quasi chirurgicale qui caractérise les vrais artisans.

Captivé par cette suite de gestes harmonieux et dépourvus de toute agressivité, Dimitri quitta très lentement son abri de feuillage, avançant d'un pas imperceptible sur les dalles poussiéreuses jusqu'à se tenir à quelques mètres du vieil établi, le corps encore prêt à bondir en arrière au moindre mouvement suspect. C'est alors que Grégory inséra la fiche de la baladeuse dans une prise en porcelaine encastrée sur le montant en fonte de la verrière : après un bref grésillement qui fit tressaillir l'enfant, un filament de carbone incandescent s'éveilla à travers le verre dépoli, diffusant soudainement dans l'étuve de la serre une lumière dorée, chaude et bienveillante, qui découpa sur le dôme de verre les ombres géométriques de la cage métallique et la silhouette majestueuse des plantes sauvages. Sans même tourner la tête vers le jeune garçon dont il devinait la présence fascinée, l'homme ajusta la molette de la lanterne d'un coup de pouce mesuré et murmura d'une voix grave, enrouée par le silence :

— Le verre était tellement sale que la lumière ne pouvait plus traverser. Mais le filament était encore bon.

Chapitre 2 : La mémoire des dentelles

Tandis que le filament d’ambre continuait de projeter sur la voûte de fer ses alvéoles de lumière dorée, fondant en une même ombre rassurante la haute stature du mécanicien et la frêle silhouette de l’enfant, un gémissement presque imperceptible s’éleva du fond de la serre, là où les marches usées du petit escalier de dégagement s’enfonçaient dans la pénombre des étages morts. Ce n’était ni le craquement sec du bois chauffé par la canicule, ni le froissement d’un rongeur glissant sous les feuilles de ficus, mais le pas lent, mesuré et pesant d’une personne dont chaque mouvement coûte à la chair.

S’avançant avec une précaution infinie à travers le dôme de verdure, une femme d’un âge très avancé fit son entrée sous la verrière, s’arrêtant un instant sur le seuil pour appuyer sa main gantée de fil noir contre le montant en fonte de la porte.

Blanche Valette — car tel était le nom de cette ancienne couturière que le siècle avait oubliée dans un deux-pièces sombre de la Croix-Rousse — offrait dans sa personne cet aspect auguste et mélancolique propre aux êtres qui ont survivu à toute leur génération. Haute de taille, maintenant le buste remarquablement droit malgré le poids des ans et les raideurs de l'arthrite, elle portait une robe d’un crêpe noir d'une coupe ancienne mais irréprochable, dont l’étoffe, passée à force d’avoir été brossée et réparée, conservait l’élégance austère de la haute bourgeoisie lyonnaise d’autrefois. Son visage, d’une blancheur de cire encadrée par des cheveux d’un argent immaculé soigneusement peignés en bandeau, possédait cette régularité de traits que le temps affine sans parvenir à la détruire : un nez aquilin, des lèvres minces serrées par une longue habitude de la solitude, et surtout deux grands yeux d’un gris limpide qui observaient la vie avec une lucidité exempte de toute amertume. À son cou, retenu par un ruban de velours flétri, brillait un camée de coquillage représentant une psyché, unique joyau échappé aux ventes successives imposées par la modicité de sa retraite.

Chassée de son propre logement par la chaleur étouffante qui transformait les mansardes sous les toits en véritables fours, Blanche n’était pas venue au Great Shop par hasard ou par effraction. Cinquante ans plus tôt, alors que le magasin resplendissait de tout l’éclat de sa prospérité, elle y avait ajusté les dentelles des plus belles rotondes de la ville ; elle connaissait chaque couloir de service, chaque soupente et chaque recoin de cette serre où elle venait autrefois respirer pendant ses rares minutes de pause. Retrouvant dans ce sanctuaire désert la seule ombre familière de sa jeunesse, elle y cherchait un refuge contre l’indifférence du monde extérieur, préférant le silence des ruines à celui de son appartement muet.

S'arrêtant au bord du cercle lumineux tracé par la baladeuse, la vieille dame ne marqua ni surprise ni effroi en découvrant l’homme aux mains tachées de cambouis et l’enfant tapi dans le feuillage. Son regard, exercé par toute une existence de labeur et d’observation silencieuse, déchiffra en un instant la vérité de cette scène : elle reconnut chez Grégory la gravité résignée de l'ouvrier honnête frappé par l'infortune, et dans les yeux farouches de Dimitri cette effrayante maturité que la souffrance imprime sur le visage des enfants trop tôt blessés.

Sans proférer une parole d'inquisition, elle posa doucement sur le bord du banc de rempotage un petit cabas en paille tressée d'où elle tira un thermos en métal ébréché et une boîte en fer-blanc décorée d'une image d'Épinal défraîchie. Avec la grâce naturelle d'une maîtresse de maison recevant dans son salon, elle décapuchonna le récipient, laissant s'échapper l'arôme réconfortant d'une infusion de tilleul et de fleur d'oranger, puis plaça la boîte ouverte — garnie de quelques biscuits secs — à égale distance de l'homme et du jeune garçon.

Se tournant alors vers le dôme de verre où la lumière ambrée faisait luire les gouttes de condensation provoquées par la moiteur de la nuit tombante, la vieille dame laissa tomber d'une voix douce, timbre cristallin que l'âge n'avait pas altéré :

— Cet endroit a toujours été le seul de tout le magasin où l'on pouvait entendre la pluie tomber avant tout le monde. Les étoffes en bas se vendaient et se fanaient, mais ici, la terre gardait la même odeur.

Le parfum sucré de la fleur d’oranger, se mêlant aux effluves d’humus et de fer chaud qui émanaient de la verrière, apporta une fraîcheur presque illusoire dans l’atmosphère moite de la serre. Attiré par l’odeur de la verveine autant que par cette faim tenace qui creuse le ventre des enfants traqués, Dimitri fit deux pas de plus vers la table de rempotage, fixant la boîte en fer-blanc avec une avidité contenue, tout en maintenant ses épaules frêles prêtes à se dérober au moindre geste brusque. Observant avec un attendrissement pudique cette hésitation animale, Blanche saisit un biscuit sec du bout de ses doigts gants de fil et le lui tendit avec une lenteur calculée, tandis que Grégory, acceptant le quart en émail que la vieille femme venait de remplir, laissait la vapeur tiède remonter vers son visage fatigué.

— C’est une étrange chose, murmura la vieille couturière en regardant le filament d’or qui continuait de faire luire les gouttes de condensation sur la coupole, de constater avec quelle promptitude le monde se débarrasse de ce qui l’a servi. Quand la direction a décidé de moderniser les ateliers, il y a vingt ans de cela, ils ont remplacé nos tables en chêne par du mélaminé blanc et nos ciseaux de maître par des machines électriques qui coupaient vite, mais sans sentiment ; le jour où mes yeux ont commencé à fatiguer sur les broderies fines, on m’a fait comprendre, avec des retards de politesse et des sourcils froncés, que ma présence devenait un encombrement pour le rendement de la maison.

Grégory reposa lentement son quart sur le bois brut, repassant le pouce sur le fil de la baladeuse qu’il venait de ressusciter, comme pour y chercher la confirmation de sa propre existence.

— Le plus cruel n’est pas qu’on vous retire votre gagne-pain, dit le mécanicien d’une voix sourde où vibrait une amertume contenue, mais la manière dont on vous fait glisser dans la catégorie des objets hors d’usage. Dans mon entreprise, ils n’ont pas eu besoin de me dire que j’étais devenu incapable ; il leur a suffi de prononcer le mot « obsolescence », comme si un homme de cinquante-cinq ans était une pièce moulée dont le moule a été brisé par le fabricant. On vous verse une indemnité, on vous serre la main dans un couloir sans vous regarder dans les yeux, et du jour au lendemain, vous découvrez que votre savoir-faire n’a plus aucune valeur sur le marché où s’achètent les vies jeunes.

Un silence lourd succéda à ces paroles, seulement troublé par le crépitement lointain de la ville en canicule sous la verrière. C’est alors que la voix de Dimitri s'éleva, fluette mais singulièrement grave, brisant le mutisme dans lequel le jeune garçon s’était drapé depuis l’arrivée des adultes.

— Quand on ne veut plus de vous à la maison, lâcha l’enfant en serrant le biscuit entre ses mains sans encore oser le porter à sa bouche, on commence par vous envoyer dans votre chambre pour ne plus vous entendre. Et puis un jour, la porte reste fermée de l’extérieur, ou bien c’est vous qui courez si vite dans la rue que la ville finit par vous avaler. Les gens grands croient que lorsqu’on est petit, on ne comprend pas qu’on dérange ; mais la vérité, c’est qu’on le sait avant même qu’ils n’ouvrent la bouche, parce qu’on le voit dans leur façon de pousser les affaires sur la table pour nous faire moins de place.

Blanche posa alors sa main ridée sur le bord de la table, réunissant dans un même regard circulaire l’artisan licencié, l’enfant en fuite et les plantes sauvages qui avaient envahi les structures d’acier abandonnées.

— Eh bien, mes amis, conclut-elle avec un sourire empreint d’une ironie douce, ce grand magasin croyait avoir entassé ici ses rebuts et ses souvenirs inutiles. Il pensait que le temps et la chaleur feraient mourir ce qu’il avait cessé de vendre. Mais il a oublié que ce qui est mis à l’écart conserve souvent une force que la marchandise neuve ne connaîtra jamais : celle de savoir vivre dans l’ombre sans demander la permission à personne.

Chapitre 3 : L'exil du foyer

Alors que la nuit tombante achevait d'envelopper la métropole dans une moiteur opaque, fondant en une même ombre indistincte la haute armature de la verrière et la frondaison des plantes sauvages, un frisson métallique traversa le silence de la serre. Ce n’était ni le souffle chaud du vent du sud glissant sur les vitres, ni le déplacement mesuré des deux anciens, mais le piétinement désordonné, févrile et chancelant d’une jeune femme portée par la dernière énergie du désespoir.

Nommons-la Clara. Âgée de vingt ans à peine, elle portait sur sa personne cet éclat brisé qui caractérise les êtres brutalement projetés hors de leur berceau social par l'arbitraire des violences domestiques. De taille élancée, le dos voûté sous le poids d'un sac de voyage en toile dont la sangle usée lui sciait l'épaule, Clara présentait dans la coupe de son vêtement — une robe d’été en lin léger, tachetée par la poussière des rues et froissée par des heures de marche errante — les vestiges d'une élégance aisée. Son visage, d'une pâleur d'albâtre frappante sous la lumière ambrée de la baladeuse, possédait la finesse des profils italiens : des pommettes hautes, un nez délicatement sculpté, et surtout deux grands yeux d'un brun profond où se lisaient encore la stupeur et la colère de l'exil. Ses cheveux sombres, défaits par la précipitation de sa fuite et collés à ses tempes par la sueur de l'angoisse, retombaient en mèches lourdes sur un cou gracile qu'un frisson nerveux agitait sans relâche.

Chassée quelques heures plus tôt du domicile paternel situé sur les hauteurs huppées du boulevard de la Croix-Rousse, à la suite d'une rupture éclatante causée par son refus d'obéir aux diktats d'un père autoritaire et soucieux des seuls préjugés de sa caste, la jeune fille avait été rejetée sur le trottoir sans autre fortune que ses vêtements et la fierté intacte de sa jeunesse. Après avoir arpenté la ville comme un spectre, évitant le regard des passants et cherchant vainement un abri dans une cité indifférente, elle s'était hissée par l'escalier d'incendie du Great Shop, attirée par la haute silhouette de la verrière comme un navire désemparé vers la lueur d'un phare.

S'arrêtant brusquement sur le seuil de la serre, suffoquée par la chaleur tropicale et pétrifiée par la présence inattendue des trois occupants, Clara serra son sac contre sa poitrine, le corps prêt à se tourner vers la fuite. Mais l'immobilité paisible de la scène suspendit son mouvement.

Grégory ne fit pas un geste brusque ; il se contenta d'avancer légèrement la baladeuse pour éclairer le sol encombré de racines, lui évitant ainsi une chute. Blanche, sans manifester la moindre surprise, écarta doucement sa robe de crêpe noir sur le banc de rempotage pour lui ménager une place, tandis que Dimitri, reconnaissant à la première seconde la démarche traquée des êtres chassés, fit un pas en avant et déposa un biscuit sec sur le rebord de la table, dans un geste de partage muet qui valait tous les discours d'accueil.

Submergée par cette bienveillance immédiate et sans condition, Clara laissa glisser son sac à terre et s'effondra doucement sur le banc. Le sanctuaire du Great Shop, jadis élevé pour le luxe et le commerce des hommes, venait de réunir sur son toit ses quatre solitudes : l'artisan rejeté, la couturière oubliée, l'enfant martyrisé et la jeune fille bannie, scellant sous la voûte de verre le pacte silencieux de ceux qui n'ont plus rien à perdre que leur humanité.

La moiteur étouffante de cette nuit de juillet suspendait le temps au-dessus des toits lyonnais, transformant la verrière abandonnée du Great Shop en une scène de théâtre tropicale où la baladeuse en laiton de Grégory balançait son halo de lumière ambrée.

— Regardez-moi ça, dit Blanche en étalant sur le bois brut deux coupons de satin pourpre retrouvés dans les réserves. Mon ancien patron jurait que le velours ne convenait qu'aux duchesses de la rue de la Charité. Si ce brave homme pouvait voir qu'une couturière mise à la retraite d'office réinvente ici le salon de la Princesse de Clèves avec ses chiffons de rebut, il en ferait une apoplexie !

Clara, essuyant la grande table en chêne avec un chiffon imprégné d'eau de fleur d'oranger, laissa échapper un rire franc, le premier depuis sa fuite du boulevard de la Croix-Rousse.

— Mon père m'a dit, juste avant de tourner la clef : "Tu n'existes plus pour cette maison." C'est prodigieux, n'est-ce pas ? Il s'imaginait m'anéantir par une formule magique, comme dans un mauvais drame de boulevard ! Mais le plus drôle, c'est qu'en franchissant le seuil, je n'ai pas senti le néant : j'ai simplement senti l'air frais du dehors. L'abandon, au fond, c'est la seule chose que la bourgeoisie distribue avec générosité sans jamais en calculer les intérêts.

— Ma chère enfant, reprit la vieille dame avec cette ironie délicate qui n'appartient qu'à ceux qui ont tout traversé, la tragédie des familles convenables est qu'elles manquent cruellement d'imagination. Elles croient vous chasser dans le désert, alors qu'elles ne font que vous rendre à la liberté. L'exclusion n'est pas un châtiment qu'on subit, c'est un brevet de distinction que les médiocres décernent sans le savoir aux êtres trop vivants pour leurs petites cages.

Grégory reposa son tournevis avec un choc mat sur le bois, un sourire coinçant le coin de sa moustache grisonnante.

— C'est exactement ce que je répétais au chef d'atelier quand ils ont rentré les nouveaux bancs d'essai automatisés, intervint le mécanicien d'une voix posée. Une machine qui ne tolère plus la main de l'homme n'est pas plus perfectionnée : c'est juste une bête stupide qui s'ignore. Quand la société décide qu'un homme de cinquante ans est devenu obsolète, ce n'est pas l'homme qui a perdu sa valeur, c'est la société qui a perdu sa capacité à s'en servir. Nous sommes comme ces pièces de rechange d'autrefois, fondues dans un acier trop noble pour leurs mécanismes modernes en plastique.

Dimitri, jusque-là blotti dans l'ombre du cycas, s'approcha prudemment de la table. Il posa la bouteille de verre ambré contenant la branche de bougainvillier exactement sous le faisceau doré de la lanterne, puis regarda les trois adultes tour à tour.

— Chez moi, murmura le petit garçon avec ce sérieux grave des enfants qui ont trop vu, quand ils criaient trop fort, je croyais que c'était le monde entier qui s'écroulait. Mais d'ici, on entend à peine le bruit des voitures en bas. Quand ils vous mettent à la porte, ils croient qu'on va mourir de peur. Ils ne savent pas qu'on apprend très vite à devenir de vrais sauvages... et que les sauvages ne pleurent jamais sur les cages qui brûlent.

— Et voilà ! s'exclama Blanche en tapant doucement dans ses mains gantées de fil. La philosophie vient de sortir de la bouche d'un enfant de dix ans, et elle est infiniment plus haute que tous les sermons du curé de Saint-Nizier.

Un coup de vent chaud s'engouffra par la verrière brisée, faisant osciller la baladeuse et danser les ombres des palmes sur le dôme de verre. Dans cette serre où tout semblait promis à l'oubli, la solitude partagée venait de métamorphoser la déchéance en un festin de fierté. Ils n'étaient plus des bannis traqués par l'infortune, mais quatre félins rares rassemblés au-dessus du gouffre urbain, découvrant avec une gaieté féroce que la vie commence véritablement à l'instant précis où l'on cesse d'attendre la permission des hommes pour exister.

Chapitre 5 : L'Aube des Fauves

La chaleur sous la verrière du Great Shop était devenue une entité vivante, une bête invisible qui s'enroulait autour de leurs corps, aspirant l'air et ne leur laissant qu'une moiteur saturée d'eau de fleur d'oranger et d'humus. Dans ce théâtre tropical, la baladeuse en laiton suspendue au dôme de fer balançait son halo d'or comme un projecteur d'exilés, découvrant tour à tour la fierté farouche dans les yeux de Grégory, la dignité de crêpe noir de Blanche, la combativité fragile de Clara, et le silence aux aguets du jeune Dimitri. Ils savaient, d'un savoir plus profond que les bruits de la ville qui commençaient à monter d'en bas, que cette nuit était leur dernier acte dans ce sanctuaire.

— De là-haut, on voit la ville se réveiller, murmura Clara, calée contre la toile brute du nid improvisé de Dimitri. Elle ne sait pas que quatre léopards des neiges l'observent, prêts à redescendre dans la vallée des hommes... mais pas pour être apprivoisés.

Un sourire inédit éclaira le visage d'artisan de Grégory. Il reposa son tournevis avec un choc mat, un son qui sembla sceller le destin de la structure de caisses qu'il venait d'élever.

— J'ai appris à réparer des moteurs, Blanche, Clara, dit-il d'une voix posée mais vibrante. J'ai vu l'acier plier sous la chaleur, le laiton se ternir. Et je croyais que mon existence était comme une pièce de rechange qu'un chef d'atelier pouvait jeter quand le patron changeait d'avis. C'est ça, le malheur des objets crédules.

Il regarda Dimitri, dont les yeux noirs ne perdaient rien des paroles des grands.

— Mais l'abandon, mon petit fauve, ce n'est pas le châtiment que la société te donne ; c'est le moment où elle te libère de l'obligation d'avoir besoin d'elle. Vous savez, dans L'Étranger, Camus écrit : "J'ai compris que l'homme est l'étranger de lui-même." Ce monde croit nous avoir rendus étrangers en nous fermant ses portes. Mais nous ne sommes étrangers à rien ici. C'est eux, en bas, qui sont devenus des étrangers à la vie qui refuse d'être limée par le mécanisme de leurs conventions.

Un coup de vent chaud s'engouffra par la verrière brisée, faisant frissonner les grandes feuilles du cycas et danser les ombres des palmes sur le dôme.

— La philosophie d'un ouvrier, conclut Blanche avec cette ironie délicate qui n'appartient qu'à ceux qui ont tout traversé, est infiniment plus haute que tous les sermons du curé de Saint-Nizier. Ils ont voulu nous mettre à l'écart, comme des rebuts ? Très bien. Nous acceptons l'exil... mais nous refusons leur indifférence. Nous ne serons plus les étrangers de ce monde, mais les maîtres de notre propre exil.

la Séparation

Et voilà que l'aube, filtrant à travers le verre jauni par la canicule, vint figer les contours de cette ultime scène de ménage poétique. Grégory, le buste trempé de sueur, ses mains d'artisan marquées par un demi-siècle de labeur, aligna ses outils avec cette précision maniaque qui fait la noblesse des hommes de métier, les enserrant dans un coupon de satin pourpre que Blanche avait jeté sur une caisse. Blanche, drapée dans sa robe de crêpe noir dont les moindres plis, brossés avec une élégance souveraine, racontaient la patience d'une existence de dentelles déchues, ajusta son camée de coquillage avec la lenteur solennelle d'une princesse de Clèves se parant pour le deuil d'une illusion. Clara nettoya la grande table en chêne avec un chiffon imprégné d'eau de fleur d'oranger, y disposant une petite bouteille en verre ambré où trempait une branche de bougainvillier sauvage, un geste d'adieu qui valait tous les vœux de renaissance. Quant au jeune Dimitri, son corps détendu et calé contre les velours pourpres comme un jeune félin rassasié, il alignment avec une gravité d'architecte ses précieux trésors — trois boulons luisants et une plume de pigeon — sur le rebord de la table, les délimitant avec un fil de laiton cuivré, comme on trace les frontières d'un royaume. L'atmosphère, autrefois lourde d'anxiété, s'était muée en un vertige de liberté joyeuse, où la pauvreté partagée devenait un brevet de noblesse et l'exil une conspiration d'êtres fiers, quatre Léopards des Neiges apprivoisant leur nuit avec un rire tranquille, convaincus que lorsque le monde vous retire son abri, c'est simplement pour vous forcer à régner sur les étoiles.

Épilogue

Ils se tinrent sur le toit, juste derrière la structure d'acier de l'enseigne du Great Shop. Le ciel de Lyon était d'un bleu encre, mais déjà, à l'horizon, une bande de lumière cuivrée annonçait le matin. La canicule s'était relâchée, laissant un éther tiède qui caressait leurs visages fiers.

— J'ai appris très vite à devenir une vraie sauvage, murmura Clara, regardant la bouteille de verre ambré qu'elle avait laissée sous le dôme. De là-haut, la ville semble petite. Elle ne peut pas monter jusqu'ici.

— Elle ne montera jamais, mon petit fauve, répondit Blanche, tapant doucement dans ses mains gantées de fil. Mais nous, nous allons y descendre.

Ils se regardèrent, ces quatre solitudes rassemblées par l'infortune et la poésie de l'abandon. Ils avaient refusé d'être des objets cassés, des victimes silencieuses de l'indifférence.

— Dans quelques heures, nous ne serons plus ensemble, dit Grégory d'une voix basse, Williams style dialogue intimate, emotional exchange, mais il y aura toujours une trace de velours, une odeur de fleur d'oranger et une baladeuse en laiton suspendue au dôme de la verrière. L'abandon est une étrange bénédiction, n'est-ce pas ? Il nous oblige à devenir ce que nous sommes vraiment.

Le premier rayon du soleil frappa les vitres de la serre. La lumière dorée balaya le dôme de fer, transformant leur sanctuaire en une coupole d'or cuivré.

— Promettez-moi une chose, Clara, Grégory, Blanche, lança Dimitri d'une voix calme qui n'avait plus rien de traquée. Promettez-moi qu'on se reverra. Quand la canicule sera finie. Quand la ville aura oublié ses léopards.

Ils ne parlèrent pas. Ils se regardèrent seulement, mais ce silence valait tous les serments. Et dans l'atmosphère veloutée de ce matin de juillet, alors que la baladeuse en laiton suspendue au dôme de fer refusait de s'éteindre, le pacte fut scellé. Ils n'étaient plus quatre léopards des neiges fuyant l'ombre : ils étaient une promesse.

 

Issue de L'Été (1954) d'Albert Camus, elle fait un écho magnifique à la canicule de la serre, à la révolte tranquille des quatre personnages et à la certitude que leur beauté intérieure demeure incassable :

« Au milieu de l'hiver, j'ai appris enfin qu'il y avait en moi un été invincible. »

Albert Camus, L'Été (1954)

 

              QUATRE LÉOPARDS DES NEIGES

               DANS UN JARDIN SUSPENDU

 

 

                         * * *

 

 

                  Achevé d'imprimer

          sous la verrière du Great Shop

 

                      — MFU —

                        

 

 

 

 

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Mizaru, Kikazaru et Iwazaru

 

 

 

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Le soleil de Provence avait cette manière cruelle de tout illuminer sans jamais rien réchauffer à l’intérieur des murs de pierre blanche. À Châteaubriand, petite commune écrasée de lumière et bordée de champs de lavande desséchés, la maison de retraite Les Beaux Lilas se dressait comme un havre de paix apparent. Une façade impeccable, des pelouses tondues au cordeau, et ce silence. Un silence lourd, poisseux, qui n’avait rien de la sérénité.

C’était le silence des trois singes de la sagesse détournés de leur sens : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. Sauf qu'ici, ce refus n'était pas de la sagesse. C'était une sentence de mort à petit feu.

Chapitre 1 : Les murmures du couloir jaune

Brigitte gara sa petite citadine sous l'ombre rare d'un platane. Chaque dimanche, la même boule au ventre l'assaillait avant de franchir le sas sécurisé des Beaux Lilas. Son père, Vladimir, y résidait depuis deux ans. Ancien maçon au caractère de fer, d’origine ukrainienne, il n’était plus que l’ombre d’un géant, emmuré dans les brumes d'une maladie neurodégénérative qui lui volait ses mots mais pas sa sensibilité.

Ce jour-là, en entrant dans la chambre 112, Brigitte sentit immédiatement que quelque chose clochait. L’odeur d’urine était plus tenace que d’habitude, imparfaitement masquée par un produit d’entretien bon marché. Vladimir était assis sur son fauteuil, le regard perdu vers la lucarne.

— Papa ? Bonjour, c’est Brigitte.

Vladimir ne bougea pas. En s’approchant pour lui baiser le front, elle remarqua une raideur inhabituelle. Elle prit sa main, fine comme du parchemin, et fit mine de remonter la manche de son gilet. Vladimir eut un tressaillement violent, un gémissement étouffé au fond de la gorge.

— Qu’est-ce qu’il y a, papa ? Tu as mal ?

Délicatement, elle écarta le tissu. Sur l'avant-bras, une marque violacée, oblongue, dessinait la forme indéniable de quatre doigts vigoureux. Un hématome de contention forcée. Plus bas, sur la cheville, la peau était à vif, frottée jusqu’au sang.

Le cœur de Brigitte rata un battement. Ce n’était pas la première fois. Il y avait eu ce vêtement taché qu'on avait fait disparaître, ce repas non touché resté sur la table à seize heures, cette chute « inexpliquée » le mois dernier.

Dans le couloir, le chariot des infirmières grinçait. Brigitte sortit, le visage blême, et tomba sur le binôme d’aides-soignantes de l'étage : Sophie et Myriam. Deux femmes harassées, les yeux cernés par des cadences infernales.

— Sophie, venez voir, s'il vous plaît, dit Brigitte d'une voix tremblante mais ferme. Mon père a des bleus partout. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Sophie jeta un regard paniqué autour d'elle, vérifiant que le couloir était désert. Elle entra dans la chambre, jeta un coup d’œil rapide aux marques, puis croisa les bras, les larmes aux yeux.

— On ne sait pas, madame… Il a dû se cogner dans les barrières de son lit.

— Ne me mentez pas, s'il vous plaît, supplia Brigitte. Ces marques, ce sont des doigts. Quelqu’un l’a maintenu de force. Et il est irrité aux chevilles !

Myriam, restée sur le seuil, craqua. Elle entra et referma doucement la porte.

— C’est l’équipe de nuit, murmura-t-elle à voix basse, presque inaudible. Ils s’embêtent pas. Quand ils veulent être tranquilles, ils les attachent au fauteuil avec des draps. Et s'ils crient, ils… ils les laissent dans le noir.

— Qui fait ça ? Nommez-les ! s'insurgea Brigitte, révoltée.

Sophie secoua la tête, terrorisée.

— On ne peut rien dire, Brigitte. Si on parle, on est virées le lendemain. Le directeur, monsieur Christian, a le bras long. Le médecin de l'établissement, le docteur Éric, signe tout ce que Christian lui demande. Ils nous tiennent par le bout du nez. On a des familles à nourrir.

— Mais c’est criminel ! Vous êtes leurs soignantes !

— Nous, on fait ce qu'on peut, plaida Myriam en pleurant. On l'aime, votre père. Mais si on l'ouvre, on est détruites. Faites quelque chose, vous. Vous êtes de l’extérieur. Écrivez à l’ARS (Agence Régionale de Santé). Allez voir le procureur. Nous, on vous donnera ce qu'on peut en douce, mais ne nous mêlez pas à ça officiellement. On a trop peur des représailles.

Brigitte comprit à cet instant précis l'horreur du système. Le silence n'était pas de l'indifférence ; c'était une camisole de force invisible posée sur la gorge de ceux qui savaient.

Chapitre 2 : L'ombre d'Hugues et l'illusion du pouvoir

Pendant ce temps, le grand ordonnateur de la soumission interne s’apprêtait à rentrer de vacances. Hugues, le chef infirmier, voguait sur un nuage de certitudes. Ambitieux, tiré à quatre épingles, il n'avait qu'une idée en tête : obtenir le poste de directeur adjoint qui devait se libérer à l'automne.

Pour lui, la gestion des Beaux Lilas était une mécanique administrative, pas une œuvre d’humanité. Christian, le directeur, l’avait pris sous son aile. Christian était un homme séduisant, charismatique, maniant le verbe avec la rondeur d'un politicien de province. Il avait invité Hugues dans sa villa de Cassis, lui avait fait miroiter une carrière ascendante au sein du groupe privé qui possédait l'établissement.

« Mon cher Hugues, lui avait dit Christian autour d'un grand cru, la gériatrie moderne est une affaire de chiffres. Moins de bruit, moins de vagues, plus de rentabilité. Ceux qui se plaignent sont des faibles qui ne comprennent pas les réalités économiques. J'ai besoin d'un homme fort comme vous pour tenir la baraque. »

Hugues avait bu ces paroles comme du petit lait. Fasciné par l'assurance de Christian, il avait volontairement fermé les yeux sur les dysfonctionnements qu'il pressentait. Le manque de personnel ? Une opportunité de prouver qu'on pouvait faire plus avec moins. Les plaintes des familles ? Des caprices de proches culpabilisés. Il avait troqué sa lucidité de soignant contre un costume de manager impitoyable.

Le lundi de son retour, Hugues sentit immédiatement une tension dans les couloirs. En passant devant le bureau des infirmières, il surprit Sophie en train de parler à voix basse avec Brigitte au téléphone.

Il entra sans frapper, le visage fermé.

— Sophie. Raccrochez.

L'aide-soignante obéit, blémissant instantanément.

— Qu’est-ce que c’est que ces conciliabules ? demanda Hugues d'une voix glaciale.

— C’était… madame Brigitte, la fille de monsieur Vladimir. Elle s’inquiète pour…

— Je sais très bien de quoi elle s’inquiète, coupa Hugues. Monsieur Christian m'a briefé. Cette femme cherche des histoires là où il n'y en a pas. Son père est sénile, il divague, il se blesse seul. Je vous interdis, et j'interdis à tout le personnel, de communiquer directement avec cette dame. Tout appel doit être transféré à la direction. Est-ce que c'est clair ?

Sophie tenta de protester :

— Mais monsieur Hugues, il y a de vrais problèmes de traitement la nuit, vous devriez regarder les rapports…

— Les rapports sont impeccables, trancha-t-il, des œillères solidement vissées sur l'esprit. Si vous continuez à alimenter la paranoïa des familles, je considérerai cela comme une faute lourde et un manque de loyauté envers l'établissement. Vous jouez avec votre place, Sophie. Pensez-y.

Il tourna les talons, satisfait de son autorité. Il était persuadé d'agir pour le bien de l'institution, convaincu que son zèle lui vaudrait la bénédiction définitive de Christian. Il ne voyait pas qu'il n'était que le fusible utile d'un système corrompu.

À partir de ce jour, Brigitte se heurta à un mur de briques. Lorsqu’elle venait, les infirmières détournaient le regard. On ne répondait plus à ses appels. Elle était boycottée, isolée, traitée comme une pestiférée dans les couloirs mêmes où son père s'éteignait à petit feu.

Chapitre 3 : L'étincelle et la gendarmerie

Mais Brigitte n'était pas femme à abandonner. Forte des aveux secrets qu'elle avait glanés avant le blocus, elle passa ses nuits à rédiger un dossier millimétré. Elle y joignit les photos des hématomes de son père, les dates, les heures, le témoignage anonymisé des manquements de l'équipe de nuit. Elle envoya le tout à l'ARS et déposa une plainte formelle auprès du procureur de la République.

L'affaire fut confiée à la compagnie de gendarmerie locale, sous la direction de l'adjudant-chef Robin Clement.

Clement était un enquêteur de la vieille école, méthodique, silencieux, doté d'un flair aiguisé pour repérer les non-dits. Quand il reçut le dossier, il comprit immédiatement que la clé de l'affaire ne résidait pas dans les registres officiels – toujours parfaits – mais dans les coulisses de l'établissement.

Il commença ses investigations discrètement, convoquant d'abord les familles des résidents décédés ou transférés. Les récits se recoupaient avec une régularité effrayante : déshydratation, chutes non signalées, sédation excessive pour maintenir le calme durant les week-ends.

Puis, muni d'un mandat de perquisition, Robin Clement débarqua un matin de mai aux Beaux Lilas, accompagné de quatre gendarmes et d'inspecteurs sanitaires.

Ce fut le début du séisme.

Pendant que les inspecteurs épluchaient les armoires à pharmacie, Clement interrogea le personnel dans une salle de réunion improvisée. C'est là que les premières fissures apparurent dans la chape de plomb. Privés de la présence intimidante d'Hugues ou de Christian, certains employés finirent par lâcher prise.

L'enquête mit au jour une réalité sordide que même Brigitte n'avait pas soupçonnée. Pour tenir le coup face aux plannings démentiels et oublier la misère humaine qu'ils contribuaient à créer, plusieurs employés de nuit et deux infirmiers s'adonnaient à un usage régulier de boissons alcoolisées durant leur service. La gendarmerie découvrit des bouteilles de spiritueux dissimulées dans les casiers du personnel, derrière les cartons de protections d'incontinence. Ivres ou embrumés, ces employés maltraitaient les résidents qui réclamaient de l'aide, les attachant ou les brutalisant pour retourner à leur léthargie alcoolisée.

Le docteur Éric, le médecin coordinateur, couvrait tout. Contre la promesse de rétrocommissions financières de la part de Christian, il signait des ordonnances de complaisance pour des neuroleptiques puissants, destinés à camoufler les violences par une camisole chimique générale.

Hugues, convoqué par Clement, resta de marbre, arc-bouté sur sa posture de manager loyal.

— Tout cela n'est que calomnies d'employés aigris et de familles procédurières, monsieur l'adjudant-chef. Monsieur Christian est un gestionnaire remarquable.

— Monsieur Christian est en train de sombrer, monsieur, répondit Clement en le fixant intensément. Et vous avec, si vous continuez à le protéger. Votre aveuglement n'est plus de la loyauté, c'est de la complicité.

Chapitre 4 : La chute du Panthéon de pacotille

Quelques semaines plus tard, le scandale éclata dans la presse régionale. Le Courrier de Provence titra en première page : « Horreur aux Beaux Lilas : Alcool, maltraitance et loi du silence ». L'article, particulièrement documenté, détaillait le système mis en place par Christian et Éric pour maximiser les profits au détriment de la dignité humaine.

La justice passa comme un couperet. Christian, le directeur si séduisant, fut arrêté à son domicile au petit matin. Le docteur Éric connut le même sort. Le procès, rapide face à l'accumulation des preuves matérielles et des témoignages, fut sans clémence. Christian fut condamné à une lourde peine de prison ferme pour abus de faiblesse, complicité de maltraitance et escroquerie. Éric vit sa licence de médecine révoquée à vie avant de rejoindre la cellule des condamnés. Les employés surpris en état d'ébriété et coupables de violences directes furent également incarcérés.

Hugues, miraculeusement, échappa à la prison, l'enquête ayant prouvé qu'il n'avait pas participé directement aux violences physiques et qu'il n'avait pas touché d'argent. Mais sa punition fut morale : sa carrière était brisée, son nom sali, et le poste de direction tant convoité s'était envolé. Sa lucidité lui revint d'un coup, violente, amère. Il prit conscience qu'il avait été le dindon d'une farce tragique, le chien de garde d'un château de cartes pourri.

Malgré les arrestations, l’ambiance aux Beaux Lilas restait sinistre. Les résidents étaient traumatisés, l'administration provisoire gérait l'urgence.

Pour Brigitte, c'en était trop. Vladimir avait été profondément marqué par ces mois de terreur ; il était affaibli, blessé à l'âme et au corps, présentant une plaie infectée à la cheville due aux contentions passées. Elle refusa d'attendre que la bureaucratie décide du sort de son père.

Un après-midi, profitant du désordre ambiant, Brigitte se rendit aux Beaux Lilas avec son mari, Élie. Ils entrèrent dans la chambre de Vladimir.

— On s’en va, papa. On rentre à la maison, murmura-t-elle.

Élie, un homme solide et doux, souleva délicatement le vieil homme pour le placer dans un fauteuil roulant. Ils couvrirent ses jambes d'un plaid et l'emmenèrent vers la sortie, sans demander leur reste à l'accueil fantôme. C'était un enlèvement, peut-être, aux yeux de la loi pointilleuse, mais c'était surtout un acte de sauvetage sacré.

Chapitre 5 : La confrontation et le renouveau

En traversant le parking pour installer Vladimir dans leur grand break familial, Brigitte aperçut une silhouette familière qui errait près des platanes. C’était Hugues. Il avait l’air hagard, dépouillé de son superbe costume, les yeux rivés au sol.

Brigitte laissa Élie installer son père et marcha droit vers l'ancien chef infirmier. Sentant une présence, Hugues leva les yeux. Le regard de Brigitte était deux lames d'acier.

— Vous devez être fier de vous, monsieur Hugues, dit-elle, la voix vibrante d'une colère contenue depuis des mois.

Hugues tressaillit, visiblement mal à l'aise.

— Madame… je… la justice a fait son travail. Je n'étais pas au courant pour l'alcool, ni pour…

— Ne jouez pas au plus imbécile que vous ne l'êtes ! le coupa-t-elle vertement. Vous saviez que quelque chose n'allait pas. Je vous ai supplié. Sophie vous a parlé. Mais vous étiez trop occupé à cirer les pompes de Christian pour votre petite promotion. Vous avez préféré le confort de ne rien dire. Vous avez regardé ailleurs pendant que mon père se faisait violenter. Votre silence a été leur meilleure arme. Vous n'êtes pas un soignant, vous êtes un lâche.

Hugues ne trouva rien à répondre. Les mots de Brigitte le frappaient de plein fouet, détruisant les derniers vestiges de ses excuses intérieures. Il baissa la tête, écrasé par la honte, tandis que Brigitte lui tournait le dos pour rejoindre sa famille.

Le break quitta Châteaubriand pour s'enfoncer dans la campagne provençale profonde, là où la famille de Brigitte possédait une vieille maison aux volets bleus, entourée d'oliviers.

L’arrivée de Vladimir fut une fête. Les enfants de Brigitte coururent vers la voiture, joyeux, tendant des bras aimants vers ce grand-père qu'ils allaient enfin pouvoir choyer. Élie installa Vladimir sur la terrasse, face aux collines. Pour la première fois depuis des mois, un léger sourire détendit les traits du vieil homme. Le cauchemar était terminé. Il était entouré de vie, d'amour, et de vérité.

Épilogue : Le serment retrouvé

Aux Beaux Lilas, un nouveau directeur fut nommé par les instances de tutelle pour reconstruire ce qui avait été détruit. Il s'appelait Roger. C’était un homme d’un certain âge, au visage buriné par des années de pratique hospitalière, qui croyait encore fermement aux valeurs de sa profession.

Dès son premier jour, il convoqua l’ensemble du personnel rescapé, y compris Hugues, qui avait été rétrogradé au rang de simple infirmier en attente d'une décision disciplinaire définitive.

Roger se tint debout devant eux, dans la grande salle commune. Il n’avait pas de notes. Il les regarda un par un, longuement.

— Mesdames, messieurs, commença-t-il d'une voix de stentor qui résonna contre les murs. Je ne suis pas venu ici pour gérer des flux financiers. Je suis venu ici pour diriger une maison de vie. Ce qui s'est passé dans cet établissement est une infamie qui nous salit tous.

Il posa ses mains sur la table, s'inchinant vers l'auditoire

— Je veux vous parler du serment d’Hippocrate. Je veux vous parler de notre devoir le plus sacré : Primum non nocere — d'abord, ne pas nuire. Nuire, ce n’est pas seulement frapper. Nuire, c'est voir le mal et se taire. Le refus de dénoncer par peur du qu'en-dira-t-on, par peur des vagues, ou pour préserver son petit confort personnel, est une trahison de notre vocation.

Son regard s'attarda un instant sur Hugues, qui soutint péniblement le reproche.

— Le confort de ne rien dire est une illusion malfaisante pour les résidents qui nous sont confiés. Ils n’ont que notre voix pour les défendre. Si nous nous taisons, nous devenons leurs bourreaux passifs. Je vous le dis aujourd'hui : sous ma direction, la délation de la maltraitance ne sera pas un motif de licenciement, elle sera un devoir absolu. Celui ou celle qui verra un manquement et se taira sera chassé d'ici sur-le-champ. Nous allons réapprendre à regarder, à écouter, et surtout, à parler.

Un silence de plomb suivit ses paroles, mais ce n'était plus le même silence qu'avant. C'était un silence de soulagement, le nettoyage d'un abcès trop longtemps dissimulé. Sophie et Myriam se prirent la main, les larmes aux yeux, sentant enfin le poids de la culpabilité s'alléger.

Dehors, le vent de Provence s'était levé, chassant la poussière et les vieux secrets, faisant danser les fleurs des beaux lilas sous la lumière retrouvée de la justice.

« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »Albert Einstein

     M.F.U.

 

 

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# **Enter in Hell**

*Le jeu qui dévorait les âmes*

 

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## **Les Personnages**

 

### **Jack Weaver**

Seize ans, et déjà l’ombre d’un homme.

Un visage creusé par les nuits sans sommeil, comme si la lune elle-même avait sculpté ses traits.

Cheveux bruns, ébouriffés, rebelles à toute discipline.

Yeux verts, autrefois vifs comme l’herbe au printemps, maintenant ternes, fatigués par la lueur bleutée des écrans.

Porte toujours un hoodie noir, usé aux coudes, et des baskets qui ont vu trop de nuits blanches.

Son esprit, brillant, est prisonnier d’un monde virtuel où les règles de la réalité ne s’appliquent plus.

Il parle peu, mais quand il le fait, c’est avec une ironie qui cache une profonde mélancolie.

 

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### **Natja Weaver**

Quarante-deux ans, et une beauté qui ne se laisse pas dompter par le temps.

Inspirée par l’actrice néerlandaise Natja Herbers, elle a des cheveux blonds, courts, encadrant un visage aux traits fins, comme taillés dans le marbre.

Ses yeux bleus, perçants, trahissent une intelligence vive et une sensibilité à fleur de peau.

Ancienne professeure de littérature, elle a gardé cette élégance naturelle, cette façon de porter des pulls en laine et des jeans avec une grâce simple.

Son amour pour Jack est teinté d’une inquiétude grandissante, comme une ombre qui s’allonge au fil des jours.

 

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### **Charles Weaver**

Quarante-cinq ans, et l’allure d’un homme qui a passé sa vie à résoudre des équations.

Grand, les cheveux gris en train de blanchir, une barbe soignée.

Porte des lunettes de lecture et des chemises à carreaux, comme un ingénieur qui a passé trop d’heures devant des schémas.

Homme rationnel, pragmatique, mais son amour pour son fils le pousse à accepter l’inexplicable.

Un tic de langage : *"Bon sang, Natja..."*, chaque fois que le stress le submerge.

Il a les mains d’un homme qui a toujours travaillé, et le cœur d’un père qui n’a jamais cessé de croire.

 

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### **Mike**

Trente-huit ans, et l’allure d’un homme qui a vu trop de choses pour encore s’étonner.

Grand, musclé, toujours vêtu d’un costume strict, comme une armure contre les horreurs du monde.

Sceptique, mais ouvert aux preuves.

Un stylo à la main, qu’il tourne sans cesse quand il réfléchit, comme s’il cherchait à dénouer les fils invisibles du destin.

 

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### **Brigitte**

Trente-cinq ans, et une détermination qui ne plie jamais.

Cheveux noirs coupés court, toujours un carnet à la main, comme si elle craignait d’oublier une idée qui pourrait tout changer.

Méthodique, intuitive.

La première à suspecter que *Enter in Hell* cache plus qu’un simple jeu.

Elle a un regard qui perce les mensonges, et une voix qui ne tremble jamais.

 

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### **Keanu Reeves**

Costume noir, lunettes de soleil, une allure mystérieuse qui semble venir d’un autre monde.

Calme, déterminé, avec une sagesse presque philosophique.

Sous le bandage de son avant-bras, une marque noire, comme une brûlure, s’étend.

Il parle peu, mais chaque mot pèse comme une vérité absolue.

 

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### **Laurence Fishburne**

Costume élégant, voix grave, présence imposante.

Stratège, il croit en la technologie, mais aussi en la force de l’esprit humain.

Il a une façon de parler qui donne l’impression que chaque phrase est une leçon de vie.

 

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### **Jonas**

Vingt-huit ans, et une foi qui semble capable de déplacer des montagnes.

Cheveux bruns, barbe légère, vêtu simplement, comme un homme qui n’a pas besoin de parures pour impressionner.

Exorciste moderne, envoyé par le Pape.

Croit en la puissance de la foi, mais aussi en la ruse.

Il a un calme qui apaisera les tempêtes les plus violentes.

 

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### **Ethan Hawkes**

Quarante ans, et un sourire qui semble toujours savoir quelque chose que les autres ignorent.

Cheveux bruns légèrement grisonnants, lunettes rondes, veste en cuir usée.

Ancien acteur, il a troqué Hollywood pour une vocation plus spirituelle.

Toujours prêt à lancer une blague, même face au démon.

Il a cette capacité unique à rendre la lumière même dans les endroits les plus sombres.

 

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## **Épisode 1 : L’Appel du Vide**

 

La chambre de Jack était un aquarium où la lumière du jour ne pénétrait jamais.

Les murs, tapissés de posters de jeux vidéo, absorbaient la lueur bleutée de l’écran, comme si la pièce elle-même retenait son souffle, attendant que quelque chose se produise.

Seule la lumière du téléphone animait l’espace, froide et tremblotante, comme une bougie au bout d’un tunnel sans fin.

Jack, assis sur son lit, les doigts agiles sur l’écran, était plongé dans *Enter in Hell*.

Ses écouteurs isolaient le monde extérieur, le plongeant dans un univers où la frontière entre le réel et le virtuel s’estompait, comme une toile d’araignée qui aurait piégé son âme.

 

Natja frappa à la porte, sa voix résonnant dans le couloir comme un écho lointain.

— Jack, dîner dans dix minutes !

 

Aucune réponse.

Elle frappa plus fort, la porte vibra sous ses coups, comme un tambour appelant à la prière.

— Jack, arrête ce jeu !

 

Toujours rien.

Elle tourna la poignée, la porte s’ouvrit dans un grincement qui sembla durer une éternité.

La chambre était vide.

Le lit défait, l’ordinateur allumé, l’écran du smartphone toujours actif.

*Enter in Hell* était ouvert, figé sur une scène de combat dans un décor apocalyptique, comme si le temps lui-même s’était arrêté.

Natja sentit son cœur se serrer, comme si une main invisible l’avait saisi.

Une lueur étrange émanait de l’écran, comme si le jeu haletait, une bête affamée attendant sa proie.

 

— Charles ! hurla-t-elle, la voix brisée par l’angoisse, comme si chaque mot était une lame qui lui transperçait la gorge.

 

Charles, assis dans le salon avec un livre à la main, bondit de son fauteuil, comme s’il avait été frappé par la foudre.

— Bon sang, Natja, qu’est-ce qu’il y a encore ?

 

Il montait les escaliers quatre à quatre, son cœur battant à tout rompre, comme s’il courait vers un destin qu’il ne pouvait éviter.

En voyant la chambre vide, il se figea, les yeux agrandis par l’incrédulité, comme s’il venait de voir un fantôme.

— Il n’est pas là.

 

Natja, les mains tremblantes comme des feuilles dans le vent, attrapa le téléphone.

L’écran affichait toujours le jeu, mais quelque chose clochait.

Les graphismes semblaient vivants, comme si une présence maléfique observait à travers l’écran, attendant son heure.

 

— Regarde, murmura-t-elle, le doigt pointé vers l’écran, comme si elle craignait que la simple action de montrer ne fasse disparaître ce qu’elle voyait.

 

Charles s’approcha, et au centre de l’écran, une silhouette floue, presque humaine, semblait les fixer, comme un prédateur observant sa proie.

Puis, en un clin d’œil, elle disparut, comme si elle n’avait jamais existé.

 

— On appelle la police, dit Charles, la voix tremblante, comme s’il venait de réaliser que le monde n’était plus celui qu’il croyait connaître.

 

Natja fixa l’écran, et la silhouette réapparut, et cette fois, elle sourit, comme si elle savait quelque chose qu’eux ignoraient.

 

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## **Épisode 2 : L’Enquête Commence**

 

La police arriva en moins d’une heure, comme si le destin lui-même avait pressé leurs pas.

Les inspecteurs Mike et Brigitte, spécialistes des disparitions inexpliquées, écoutèrent le récit des parents, les yeux plissés, leur carnet à la main, comme s’ils cherchaient à capturer chaque détail avant qu’il ne s’envole.

 

Mike tournait son stylo entre ses doigts, un geste nerveux, comme s’il cherchait à dénouer les fils invisibles d’une énigme qui le dépassait.

 

— Vous dites qu’il jouait à *Enter in Hell* ? demanda Mike, notant chaque détail, comme s’il craignait d’oublier quelque chose d’important.

 

— Oui, répondit Natja, les larmes aux yeux, comme si chaque mot était un effort surhumain. Il y passait des heures. Et ce soir, il a disparu.

 

Brigitte examina le téléphone, les sourcils froncés, comme si elle cherchait à percer les secrets de l’univers.

— C’est étrange. Le jeu est toujours en cours, mais il n’y a aucune trace de Jack dans la maison.

 

Mike se tourna vers Charles, comme s’il cherchait une réponse dans son regard.

— A-t-il déjà parlé de choses bizarres ? Des hallucinations, des voix ?

 

Charles secouait la tête, incrédule, comme s’il refusait de croire à ce que ses propres oreilles entendaient.

— Non. Juste ce jeu. Il disait que c’était le plus réaliste qu’il ait jamais essayé.

 

Brigitte brancha le téléphone à un ordinateur portable, analysant les données, comme si elle cherchait à déverrouiller les mystères d’un monde invisible.

— Il y a une activité réseau intense au moment de sa disparition. Comme si quelque chose, ou quelqu’un, avait pris le contrôle.

 

Mike et Brigitte échangèrent un regard, comme s’ils venaient de réaliser que le monde était bien plus étrange qu’ils ne l’avaient jamais imaginé.

Ils avaient entendu parler de *Enter in Hell*.

Des rumeurs circulaient sur des joueurs qui s’évaporaient dans la nature, sans laisser de trace, comme s’ils avaient jamais existé.

 

— On va devoir faire appel à des experts, murmura Mike, comme s’il craignait que les mots ne suffisent pas à exprimer l’ampleur de ce qu’ils affrontaient.

 

Brigitte hocha la tête, comme si elle venait de prendre une décision qui changerait le cours de leur vie.

— Je connais quelqu’un qui pourrait nous aider.

 

Natja les fixa, désespérée, comme si elle cherchait une bouée de sauvetage dans un océan de désespoir.

— Qui ?

 

Brigitte sourit faiblement, comme si elle savait que la réponse allumerait une lueur d’espoir dans les ténèbres.

— Des gens qui ont déjà vu l’enfer.

 

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## **Épisode 3 : L’Intervention de Matrix**

 

Deux jours plus tard, une limousine noire se gara devant la maison des Weaver, comme un corbeau annonciateur de mauvais présages.

En sortirent deux hommes en costume noir, lunettes de soleil malgré l’heure tardive, comme s’ils venaient d’un monde où le soleil ne se couchait jamais.

 

Natja, depuis la fenêtre, les vit sortir de la voiture, comme si elle venait de voir des fantômes.

— Keanu Reeves ? s’exclama-t-elle, incrédule, comme si elle venait de voir un miracle.

 

Charles la rejoignit, les yeux écarquillés, comme s’il venait de réaliser que la réalité était bien plus étrange que la fiction.

— Et Laurence Fishburne !

 

Keanu ajusta ses lunettes, son regard perçant balayant la pièce, comme s’il cherchait à percer les secrets de l’univers.

— Nous sommes ici pour vous aider. Mais ce que vous allez entendre va vous sembler incroyable.

 

Laurence croisa les bras, comme s’il se préparait à affronter une tempête.

— Il y a des forces en jeu que la science ne peut pas expliquer. *Enter in Hell* n’est pas un simple jeu. C’est une porte.

 

Mike et Brigitte, sceptiques mais désespérés, écoutèrent leur théorie, comme s’ils cherchaient à comprendre un langage qu’ils ne parlaient pas.

*Enter in Hell* serait une création d’une intelligence artificielle malveillante, capable d’aspirer les joueurs dans une dimension parallèle, comme s’ils tombaient dans un puits sans fond.

 

— On a essayé d’y entrer nous-mêmes, dit Keanu, la voix grave, comme s’il revivait un cauchemar. C’est pire que ce qu’on imaginait.

 

Brigitte le fixa, comme si elle cherchait à percer les mystères de son âme.

— Et vous en êtes revenus ?

 

Keanu écarta légèrement sa veste, révélant un bandage autour de son avant-bras.

Sous le bandage, une marque noire, comme une brûlure, s’étendait, comme si le mal lui-même l’avait marqué.

— À peine.

 

Mike plissa les yeux, comme s’il cherchait à comprendre ce qu’il voyait.

— Qu’est-ce que c’est que cette marque ?

 

Keanu baissa les yeux, comme s’il craignait que la réponse ne soit trop lourde à porter.

— Un souvenir.

 

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## **Épisode 4 : Jonas et Ethan Arrivent**

 

L’équipe se prépara à entrer dans le jeu, comme des soldats se préparant pour une bataille qu’ils savaient déjà perdue.

Mais avant, Jonas arriva, envoyé par le Pape, accompagné d’un homme souriant, vêtu d’une veste en cuir usée, comme s’il venait d’un autre temps.

 

— Je peux aider, dit Jonas, comme s’il savait que ses mots étaient une lueur d’espoir dans les ténèbres. Ce jeu est une porte vers une dimension démoniaque. Mais on peut l’exorciser.

 

Ethan ajusta ses lunettes rondes et sourit, comme s’il venait de faire une blague que lui seul comprenait.

— Et moi, je suis là pour rappeler à tout le monde qu’on peut rire même face à l’apocalypse.

 

Natja le regarda, surprise, comme si elle venait de voir un miracle.

— Ethan Hawkes ? L’acteur ?

 

Ethan fit une révérence exagérée, comme s’il jouait un rôle dans une pièce de théâtre.

— En chair et en os, et maintenant aussi en esprit. Enfin, surtout en blagues.

 

Jonas prit le téléphone, ferma les yeux, et commença à réciter une prière en latin, comme s’il cherchait à communiquer avec un monde invisible.

Le téléphone frémit, l’écran clignotait, crépitant comme un feu de camp maudit, comme si le mal lui-même résistait.

Puis une lumière aveuglante jaillit, projetant Jonas en arrière, comme s’il venait d’être frappé par la foudre.

 

— Ça marche ! s’exclama Keanu, comme s’il venait de voir un miracle.

 

Ethan trébucha et s’exclama, comme s’il venait de vivre une aventure incroyable :

— Wow, c’était presque aussi impressionnant que mes scènes dans *Before Sunrise* !

 

— Ethan, concentrons-nous, murmura Jonas, amusé, comme s’il savait que l’humour était la seule arme qui pouvait les sauver.

 

La créature dans le jeu rit, comme si elle savait que ses victimes étaient déjà perdues.

— Vous croyez vraiment que c’est si simple ?

 

Jonas se releva, essuyant le sang de son nez, comme s’il venait de livrer une bataille contre les forces du mal.

— Ils veulent une rançon. Mais pas celle qu’ils attendent.

 

Il se tourna vers Mike et Brigitte, comme s’il savait que leur aide était essentielle.

— On va leur donner ce qu’ils veulent. Mais ce sera un leurre.

 

Ethan ajoutait avec un clin d’œil, comme s’il venait de faire une blague que lui seul comprenait :

— Un leurre si bon qu’il mériterait un Oscar.

 

Natja s’approcha, les yeux brillants d’espoir, comme si elle venait de voir une lueur dans les ténèbres.

— Vous pouvez vraiment le sauver ?

 

Jonas sourit faiblement, comme s’il savait que la réponse était déjà écrite dans les étoiles.

— La foi peut déplacer des montagnes. Mais parfois, il faut aussi un peu de ruse.

 

Ethan murmura, comme s’il venait de révéler un secret universel :

— Et un bon scénario.

 

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## **Épisode 5 : Le Stratagème**

 

L’équipe se mit au travail, comme des artisans sculptant leur propre destin.

Jonas expliquait, comme s’il révélait les secrets de l’univers :

— Ils veulent l’âme de Jack. Mais on va leur donner une âme artificielle.

 

Laurence hocha la tête, comme s’il venait de comprendre la solution à une énigme millénaire.

— Un leurre numérique. Assez réaliste pour les tromper.

 

Keanu ajusta ses lunettes, comme s’il se préparait à affronter une tempête.

— On va leur faire croire qu’ils ont gagné. Puis on fermera la porte.

 

Ethan s’assit sur une chaise, les bras croisés, comme s’il était le metteur en scène d’une pièce de théâtre.

— Donc, en gros, on va leur faire un *catfishing* cosmique ?

 

Brigitte sourit malgré elle, comme si elle venait de comprendre une blague qu’elle n’avait pas vue venir.

— Exactement.

 

Le plan était risqué, mais c’était leur seule chance, comme un dernier coup de dés avant que le jeu ne soit terminé.

Ils passèrent la nuit à préparer le leurre, utilisant des technologies de pointe pour simuler une conscience humaine, comme s’ils cherchaient à créer la vie elle-même.

 

Enfin, Jonas se connecta au jeu, tenant le leurre numérique, comme s’il tenait le destin du monde entre ses mains.

— Je suis prêt.

 

Ethan se tenait derrière lui, les mains sur les épaules de Jonas, comme s’il était son ange gardien.

— Je suis là pour le soutien moral. Et pour les blagues, si jamais ça tourne mal.

 

Dans *Enter in Hell*, la créature rit, comme si elle savait que ses victimes étaient déjà perdues.

— Vous avez apporté ce que je veux ?

 

Jonas hocha la tête, comme s’il venait de sceller un pacte avec le diable.

— Oui. Mais d’abord, libérez Jack.

 

La créature hésita, puis fit un geste, comme si elle venait de réaliser qu’elle était piégée.

Jack apparut, affaibli, mais vivant, comme s’il venait de renaître.

Ses yeux, vides, se remplirent lentement de reconnaissance, comme s’il venait de retrouver son âme.

 

— Papa… Maman… murmura-t-il, les larmes aux yeux, comme si chaque mot était une prière.

 

La créature tendit la main, comme si elle cherchait à attraper une étoile filante.

— Donnez-moi l’âme.

 

Jonas lança le leurre, comme s’il venait de lancer une flèche dans le cœur des ténèbres.

La créature l’attrapa, un sourire mauvais aux lèvres, comme si elle venait de gagner la bataille.

— Enfin…

 

Mais soudain, son expression changea, comme si elle venait de réaliser qu’elle avait été trompée.

Elle hurla, son corps se désintégrant en pixels, comme si elle venait d’être effacée de l’univers.

— QU’EST-CE QUE… ?

 

Keanu agissa vite, comme s’il savait que chaque seconde comptait.

Il activa un dispositif, et le jeu commença à se désintégrer, comme aspiré dans un trou noir, comme si le mal lui-même était en train de disparaître.

 

— On y est ! cria Laurence, comme s’il venait de voir la lumière au bout du tunnel.

 

Ethan leva les bras en l’air, comme s’il venait de gagner une bataille épique.

— Et c’est dans la boîte ! On devrait faire un film là-dessus.

 

Un dernier cri résonna, puis le silence, comme si le monde venait de retenir son souffle.

 

---

## **Épisode 6 : Le Retour et la Réflexion**

 

Jack s’effondra dans les bras de ses parents, épuisé, comme s’il venait de traverser un désert sans fin.

Le téléphone, maintenant éteint, ne montrait plus que l’écran de veille, comme s’il avait perdu son âme.

 

— C’est fini, murmura Jonas, comme s’il venait de sceller un pacte avec la lumière.

 

Ethan s’approcha, souriant, comme s’il venait de faire une blague qui avait sauvé le monde.

— Et sans un seul effet spécial. Enfin, presque.

 

Mike et Brigitte, soulagés, échangèrent une poignée de main avec Keanu et Laurence, comme s’ils venaient de survivre à une bataille épique.

 

— On ne vous remerciera jamais assez, dit Charles, la voix tremblante, comme s’il venait de réaliser que son fils était enfin sauvé.

 

Natja serra Jack contre elle, les larmes coulant sans retenue, comme si elle venait de retrouver une partie d’elle-même qu’elle avait perdue.

— Plus jamais ça. Plus jamais.

 

Jack, les yeux fatigués mais lucides, hocha la tête, comme s’il venait de comprendre la leçon la plus importante de sa vie.

Il prit le téléphone, le regarda une dernière fois, puis le lança contre le mur, comme s’il brisait les chaînes qui l’avaient retenu prisonnier.

Le verre explosa, comme si le mal lui-même venait d’être détruit.

Natja et Charles sursautèrent, comme s’ils venaient de voir un miracle.

Mais Jack sourit, comme s’il venait de renaître.

Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait libre, comme s’il venait de retrouver son âme.

 

Keanu sourit faiblement, comme s’il venait de voir la lumière au bout du tunnel.

— Parfois, il faut voir l’enfer pour apprécier la lumière.

 

Laurence ajusta ses lunettes, comme s’il venait de comprendre une leçon de vie.

— Et parfois, il faut des fous pour sauver le monde.

 

Jonas croisa les bras, comme s’il venait de sceller un pacte avec la sagesse.

— Le mal ne réside pas dans le jeu, mais dans l’oubli. L’oubli de ceux qui nous attendent de l’autre côté de l’écran.

 

Ethan ajoutait avec un sourire, comme s’il venait de révéler un secret universel :

— Et n’oubliez pas : même dans l’enfer, un peu d’humour peut sauver la situation.

 

Dehors, le soleil se couchait, comme s’il venait de sceller la fin d’un chapitre et le début d’un autre.

Jack sortit dans le jardin, et pour la première fois depuis des mois, il sentit le vent sur son visage, comme s’il venait de retrouver le monde réel.

Il ferma les yeux, comme s’il cherchait à graver ce moment dans sa mémoire.

Le monde était toujours là, comme s’il l’avait toujours attendu.

 

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## **Philosophie : L’Invasion et la Politesse Oubliée**

 

Dans un monde où les écrans dominent, où les jeux vidéo promettent des aventures sans fin, on oublie souvent l’essentiel : l’autre.

La politesse, le respect, la simple présence.

Les jeux comme *Enter in Hell* ne sont pas seulement des distractions, ils sont des pièges.

Ils nous isolent, nous coupent du monde réel, de ceux qui nous entourent, comme des murs invisibles qui nous séparent de la vie.

 

Jack avait commencé par une heure par jour.

Puis deux.

Puis toute la nuit.

Et un matin, il s’était réveillé en sueur, réalisant qu’il ne savait plus très bien qui il était, dans la vraie vie.

Le jeu promettait la liberté, mais c’était une prison déguisée en paradis, comme un leurre qui nous fait oublier qui nous sommes vraiment.

 

La vraie vie, c’est l’autre.

Son sourire, sa main tendue, son regard.

On a oublié la politesse, la simple attention envers ceux qui partagent notre existence, comme si nous avions perdu de vue ce qui compte vraiment.

Il est temps de se souvenir.

Il est temps de lever les yeux de nos écrans et de voir la lumière qui nous entoure, comme si nous venions de nous réveiller d’un long sommeil.

 

Car la lumière est là.

Il suffit de la chercher, comme on cherche un trésor caché.

Et parfois, il suffit d’un peu d’humour pour rappeler que même dans les ténèbres, la vie vaut la peine d’être vécue.

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L'Ombre Invisible

Je suis l'ombre que personne ne voit,

Le murmure que nul ne reçoit.

Une porte se ferme, et puis une autre, et cent,

Sur mon cœur qui s'éteint, lentement.

La famille, un tableau sans mon visage,

Les rires d'amis, un lointain mirage.

Le monde entier semble s'être mis d'accord,

Pour ne plus voir ma vie, ni mon décor.

Mes mots s'envolent sans écho, sans retour,

Mes pas se perdent sans amour, sans détour.

Je suis là, pourtant, mais si peu présent,

Comme un fantôme au milieu des vivants.

Le froid m'enveloppe, un voile silencieux,

Je cherche un regard, un geste chaleureux.

Mais les chemins se tordent, les mains s'éloignent,

Et mon âme solitaire sans fin se cogne.

Je suis exclu, de tout, de chacun,

Un astre seul dans un ciel incertain.

Et je marche, fardeau lourd à porter,

Dans ce vide immense, à jamais isolé.

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L’INVISIBLE HOMME

M.F.U.

Quand personne ne le voit, il commence enfin à voir.

 

Épisode I

La disparition

Georg Berkeley s’éveilla un matin avec la sensation confuse qu’un léger désordre s’était glissé dans le monde pendant la nuit.

Il demeura quelques instants immobile, les yeux ouverts sur le plafond clair de la chambre, tandis qu’à ses côtés Virginie dormait encore, le visage tourné vers la fenêtre. La lumière de l’aube, froide et pâle, passait à travers les rideaux comme une eau grise. Il se leva sans bruit, marcha jusqu’à la glace de l’armoire et s’y vit avec une netteté si précise qu’il en éprouva d’abord du soulagement, puis, presque aussitôt, une inquiétude indéfinissable.

Il avait ce visage calme et fermé des hommes qui paraissent peu et pensent beaucoup. Le front était large, les traits réguliers, le regard clair sans dureté, presque pâle dans sa réserve même. Toute sa personne donnait l’impression d’une présence retenue, comme si tout en lui s’exprimait à voix basse.

Dans la rue, cette inquiétude prit corps.

Les passants le frôlaient sans le voir. Une femme traversa devant lui sans corriger son pas. Un homme, absorbé par son téléphone, passa à quelques centimètres de son épaule sans que son regard eût seulement l’idée de s’arrêter. Georg parla à un kiosquier, demanda l’heure à un inconnu, salua un voisin. Rien ne répondit. Sa voix semblait se dissoudre dans l’air du matin, comme si les mots perdaient leur adresse avant même d’atteindre l’oreille d’autrui.

Il insista. Il se plaça devant un arrêt de bus. Il fit un geste. Il frappa la vitre d’un abribus. Les effets, eux, existaient encore: une porte s’ouvrit sous sa main, une chaise glissa, un gobelet tomba et roula sur le trottoir. Mais lui, en tant que présence humaine, semblait avoir disparu du champ du visible. Le monde enregistrait le choc, non l’auteur du choc.

Quand il rentra chez lui, Virginie préparait le repas dans la cuisine.

Elle avait cette beauté sobre et lumineuse des femmes que la fatigue rend plus graves, plus élégantes encore. Son visage, aux traits fins et fermes, portait l’empreinte d’une force silencieuse. Ses gestes étaient nets, retenus, presque précis comme ceux de quelqu’un qui a longtemps appris à tenir debout malgré l’usure. Elle coupait des légumes avec méthode; l’huile chauffait, l’ail montait déjà dans l’air tiède, et la pendule accrochée au mur battait les secondes avec une précision obstinée.

Georg l’appela.

Elle ne se retourna pas.

Il s’approcha, dit son nom plus fort. Elle leva la tête, sans le voir.

Alors il comprit.

Il écrivit son nom sur un carnet, puis une phrase, puis une autre. Il les posa devant elle. Virginie les lut mal, puis les relut, puis les laissa de côté comme on écarte une idée importune. Sa main trembla à peine. Pas assez pour que le monde s’effondre.

Georg sentit en lui monter une colère nue, puis une détresse d’une autre nature, plus profonde. Ce n’était pas qu’on le rejetait; c’est qu’on ne le percevait plus.

Cette nuit-là, devant le miroir de l’entrée, il se souvint d’une phrase lue autrefois dans un livre de philosophie: être, c’est être perçu. Il n’avait jamais pensé qu’une formule pût devenir un supplice. Il demeura longtemps face à son reflet, et il lui sembla que la glace conservait son image avec une exactitude presque cruelle, tandis que le reste du monde retirait peu à peu son assentiment à son existence.

 

Épisode II

L’écran et le tableau

Le lendemain, Virginie signala sa disparition à la police.

Le bureau était trop blanc, trop lisse, trop bien éclairé, comme si l’administration entière eût été construite pour amoindrir les drames au lieu de les entendre. Le fonctionnaire notait avec une courtoisie sèche. Il demanda si Georg avait des dettes, des ennuis, des habitudes étranges, des raisons de partir. Virginie répondit avec cette dignité tendue qu’ont les femmes obligées de défendre le réel contre l’incrédulité des autres. On lui promit de vérifier. On lui demanda d’attendre. On la rassura avec des phrases qui n’engagent personne.

Georg, debout derrière elle, entendait tout.

Le soir, leur fille Lucie répondit enfin aux messages.

Elle étudiait en Asie, dans une ville lointaine où les nuits n’avaient pas la même heure que celles de la maison. Son visage apparut à l’écran avec une vivacité sensible, presque musicale, une manière de parler rapide et claire qui trahissait autant l’inquiétude que l’affection. Elle avait cette jeunesse attentive, ce mélange de douceur et de précision qu’on remarque chez certains visages encore ouverts au monde. Virginie lui expliqua ce qu’elle savait. Lucie écouta, d’abord sceptique, puis troublée, puis franchement inquiète.

Georg observa longuement cette scène.

Il comprit que la distance moderne n’était pas seulement géographique. Les êtres peuvent vivre dans la même maison et ne plus se rencontrer; ils peuvent traverser des continents et rester proches par un fil de voix et de lumière. L’écran, ce soir-là, devint pour lui un lieu plus réel que la rue. Il écrivit quelques mots. Virginie sursauta. Elle lut. Elle répondit. Puis, pour la première fois, elle demanda: qui êtes-vous?

Georg hésita. Il écrivit davantage. La conversation fut lente, fragile, presque impossible, mais elle exista. Il ne pouvait pas encore redevenir visible; il pouvait au moins devenir audible.

Dans les jours qui suivirent, il tenta d’autres moyens. Des billets laissés sur la table. Des notes dans un livre. Des phrases griffonnées sur des feuilles qu’on retrouvait sans en comprendre l’origine. Il vit Virginie les lire avec une attention grandissante, comme si la matière du monde commençait à lui adresser des signes. Pourtant, chaque fois qu’il voulait être saisi comme présence, tout glissait vers l’oubli ou la rationalisation.

C’est alors qu’il découvrit la logique plus vaste de son effacement.

Il se mit à voir ceux qu’on ne remarque jamais: la femme de ménage qui nettoyait les couloirs avant l’aube, l’éboueur sous la pluie, le livreur essoufflé devant les étages sans ascenseur, l’ouvrier penché sur un chantier, les mains tachées, les épaules basses. Toute une population de gestes utiles, presque muets, sur lesquels repose la ville sans que la ville leur rende un visage.

Parmi eux, il remarqua une enfant assise seule sur un banc, près d’un square. Ses yeux étaient ouverts, mais ils ne prenaient rien de la lumière comme les autres; son visage, calme et attentif, semblait écouter le monde plutôt que le regarder.

Il s’approcha.

— Tu m’entends? demanda-t-il.

L’enfant tourna légèrement la tête.

— Oui.

— Tu me vois?

Elle hésita, puis répondit avec une simplicité étrange:

— Non. Mais je sais que tu es là.

Il s’assit près d’elle, troublé.

— Comment?

— Parce que tu ne fais pas semblant d’être quelqu’un d’autre, dit-elle.

Cette phrase, dite sans emphase, avec la tranquille évidence des enfants qui sentent avant de comprendre, le toucha plus profondément qu’il ne l’aurait cru. Elle lui parlait comme si l’absence de regard n’empêchait pas la présence, comme si une autre forme de perception restait possible.

Georg repartit de là avec l’impression très nette qu’il venait de recevoir sa première consolation véritable.

Peu après, un autre événement lui donna la mesure de ce qu’il pouvait encore faire.

Une dame handicapée vivait dans un appartement au rez-de-chaussée, avec cette immobilité digne qui donne aux regards une intensité particulière. Son corps, retenu par un fauteuil, semblait presque absent de la pièce; mais ses yeux, eux, tenaient bon, pleins de mémoire et d’une ancienne tendresse. On avait volé chez elle un petit tableau modeste, une peinture sans valeur aux yeux des experts, mais qui représentait son fils jeune, debout dans un paysage de bord de mer, le visage tourné vers le vent. Ce tableau n’était pas un objet précieux; c’était un reste de présence.

Georg retrouva l’œuvre, la récupéra sans être vu, et la remit à sa place.

La dame, quand elle le revit, porta la main à sa bouche comme si l’on venait de lui restituer non un bien, mais un morceau de vie. Ses yeux se remplirent aussitôt de larmes. Elle ne parla presque pas. Elle toucha du bout des doigts la toile, longuement, avec une délicatesse de mère.

Georg comprit alors que son invisibilité pouvait servir à réparer ce que le monde avait laissé perdre sans bruit.

 

Épisode III

Les invisibles

À partir de là, Georg changea de nature.

Il continua de se montrer prudent, presque humble, comme s’il craignait de profaner le pouvoir étrange qui lui était tombé dessus. Il observa davantage les hommes, les bureaux, les corridors, les ateliers, les trottoirs, les visages. Dans les lieux de travail, il reconnut des autorités dures sans éclat, des chefs sûrs d’eux, massifs, à la voix basse mais tranchante, capables d’écraser sans hausser le ton. Il en observa d’autres, plus lisses, plus nerveux, au charme ambigu, experts dans l’art de déplacer la faute. Il y avait là toute une comédie du pouvoir, souvent ridicule quand elle se croyait terrifiante.

Mais Georg, désormais, ne cherchait plus à humilier. Il cherchait à rétablir.

Il empêcha un abus, puis un autre. Il sauva un dossier injustement rejeté. Il fit échouer une manœuvre d’un supérieur qui retenait les primes d’employés qu’il méprisait. Il rendit à une femme de ménage un oubli de salaire. Il déjoua une petite corruption. Chaque fois, la scène passait presque pour une maladresse du monde. Chaque fois, la justice naissait dans l’écart minuscule entre ce qui était prévu et ce qui advint.

Un jour, il découvrit un formulaire qui préparait une expulsion à venir.

Les cases avaient été remplies d’une manière biaisée, les délais rendaient la défense presque impossible, les indications semblaient neutres mais conduisaient, avec la rigueur froide des procédures, à la mise à la rue d’une famille déjà fragile. Georg comprit que l’injustice moderne ne se présente pas toujours sous la forme du cri ou de la violence; elle s’avance souvent sous la forme d’une grille trop serrée, d’une règle apparemment neutre qui penche déjà du côté des plus forts.

Il corrigea le document juste à temps, remplaça une pièce, rectifia une donnée, retarda la machine administrative avant qu’elle ne broie ses victimes. La mesure était modeste, mais elle évita qu’une décision inégale devînt irréversible.

Virginie finit par comprendre plus qu’elle ne savait dire. Lucie, de loin, reconnut dans les messages reçus quelque chose de stable, de tendrement obstiné. La famille demeurait blessée, mais non rompue.

Et Georg, au milieu de ce désordre, comprit qu’il n’était pas seulement devenu invisible: il était entré dans la zone exacte où vivent déjà tant d’hommes et de femmes, ceux qu’on utilise, qu’on traverse, qu’on oublie.

C’est là qu’il se souvint à nouveau de Rimbaud. Je est un autre.La phrase lui parut moins mystérieuse que nécessaire. Il n’avait jamais été entièrement ce qu’on croyait voir de lui; il n’avait jamais été non plus ce que lui-même croyait fixer en lui. Le moi, soudain, lui apparut comme une traversée, non comme une forteresse. Et dans cette traversée, il comprit que l’invisibilité pouvait être une blessure, mais aussi une révélation, et même une responsabilité.

Un soir, il retrouva l’enfant aveugle dans un square.

Elle tenait un livre fermé sur ses genoux, tournée vers une lumière qu’elle ne voyait pas mais qu’elle semblait connaître autrement. Elle lui dit, sans lever la tête:

— Tu es revenu.

— Je n’étais pas parti.

Elle sourit.

— Les autres partent plus vite que toi.

Georg ne répondit pas. Il regarda les bancs, les arbres, les façades claires, les passants qui circulaient avec leurs visages fermés. Il comprit alors ce que sa condition avait changé: il ne voulait plus être seulement vu. Il voulait voir juste. Et cette justice-là n’était pas un pouvoir, mais une manière de tenir dans le monde sans s’y imposer.

La dernière image le montra devant le miroir de l’entrée. Son reflet était là, calme, exact, presque paisible. Pourtant Georg ne le considérait plus comme un adversaire. Il le regarda comme on regarde un semblable qui a souffert un peu plus qu’il ne fallait. Puis il sourit.

Et, pour la première fois, le monde lui parut suffisamment vaste pour contenir les invisibles sans les réduire.

Fin

 

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L espion du Vatican 

 

Chapitre 1 : Le Verre de Citron et la Mitre

Rome ne dort jamais tout à fait ; elle médite sous la foudre. En ce crépuscule d'encre et de pourpre, la cité éternelle semblait ployer sous le poids d'un ciel d'orage. Les basiliques se dressaient dans la nuit comme de sombres colosses accroupis, prêtes à engloutir les étoiles. Sur les dalles séculaires de la place Saint-Pierre, la pluie venait de déposer un miroir de verre noir où se répercutait la lueur mourante des fenêtres du Palais Apostolique. C’est là, au sommet de cette architecture monumentale faite pour rappeler à la fois la grandeur du Ciel et la petitesse de la chair, que se tenait Georges Georges.

On l’appelait Double Georges. À le contempler, nul n’eût deviné l'exécuteur des volontés secrètes du Vatican. Loin de la carrure colossale des gardes suisses ou des épaules carrées des agents de l'ombre, Georges arborait une silhouette svelte, presque frêle. Mais sous cette apparence modeste se cachait une souplesse prodigieuse. Une chevelure d’ébène, indocile et bouclée, encadrait un visage aux traits d'une finesse singulière, éclairé par deux yeux d’un vert d'émeraude étincelant.

Il possédait ce don mystérieux des êtres qui semblent s'affranchir de la pesanteur. Un bond silencieux sur une corniche glissante, une torsion élastique entre deux colonnades, une esquive impossible contre le vide : il se mouvait avec la malice sautillante d’un illusionniste, comme emporté par une grâce céleste qui le surprenait lui-même. La gravité, pour lui, n'était qu'une suggestion.

Là où d’autres agents du monde profane auraient fait tourner un martini glacé dans un verre en cristal pour se donner une contenance, Georges tenait entre ses doigts fins une timbale d'argent remplie du jus pur d’un citron fraîchement pressé. Il en but une gorgée, savourant cette acidité tranchante qui lui nettoyait l'esprit.

— L’acidité garde l'esprit clair, votre Sainteté, murmura-t-il depuis l'ombre d'une tapisserie de Raphaël. Et cela évite d'avoir à supporter le goût de la poussière.

Dans la pénombre de la grande salle des cartes, éclairée par le souffle vacillant de quelques cierges, le Pape Patrick Ier s’avança. Le souverain pontife portait sur son visage la majesté des charges immenses, mais son regard, lorsqu'il le posa sur Georges, trahissait un mélange d'admiration et de crainte sacrée.

Georges était un paradoxe vivant : mi-ange, mi-homme, un être affranchi par décret divin des dix commandements pour accomplir ce que la morale commune ne pouvait trancher. Il portait en lui un cœur immense, passionné, capable d'une empathie profonde pour la souffrance des faibles ; mais face au crime, il dégainait un humor noir, froid et décapant, devenant une lame sans concession.

— Georges, dit le Pape d'une voix grave qui fit vibrer les boiseries dorées. L’enfer ne se contente plus de souffler le mal dans l'oreille des hommes ; il ravage désormais la Création par le feu et le poison.

— Un classique, répliqua Georges avec un sourire malicieux tout en faisant tourner la dernière goutte de citron au fond de sa timbale. Le Diable a toujours aimé déléguer le sale boulot aux mortels. Qui est le pyromane cette fois ?

Patrick Ier déroula sur une table de marbre une carte de l'Europe du Sud, désignant d'un doigt tremblant les côtes de la mer Égée.

— Un monstre nommé João. Un esprit brillant mais corrompu, persuadé qu'il est le juge suprême de l'humanité. Inspiré par une noirceur absolue, il incendie les forêts, fait sauter les usines et libère des nuages de carbone pour hâter la fin des hommes par leurs propres erreurs. Il sévit en ce moment même dans les artères d'Athènes.

Georges reposa sa timbale. Son regard vert d'émeraude perdit instantanément sa malice pour laisser poindre une lueur d’une intensité brûlante. L'empathie pour le monde blessé venait de réveiller l'ange exterminateur.

— Athènes... Le berceau de la raison livré à un dément asphyxieur. La poésie ne manque pas d'air, mais la cité risque d'en manquer bientôt.

— Tu as toute latitude, Double Georges, conclut le Pape en traçant dans l'air un signe de croix. Pas de dogmes, pas de chaînes. Trouve João dans le labyrinthe athénien, stoppe son massacre et protège ceux qu'il cherche à étouffer.

D'un mouvement d'une légèreté stupéfiante, comme s'il glissait sur un fil invisible, Georges s'inclina, salua le pontife d'un clin d'œil irrévérencieux et disparut dans l'angle mort de la galerie. Quelques secondes plus tard, il était déjà sur les toits de Rome, prêt à fondre sur la Grèce.

Chapitre 2 : La Relique Aspirational et la Chaleur d'Athènes

Avant d'affronter les ombres de la Grèce, Georges repassa par la sacristie basse, un labyrinthe voûté sous la basilique où la technologie moderne se mêlait aux reliques millénaires. Là l'attendait Monseigneur Francisco, le secrétaire particulier du Pape, un homme sec comme un parchemin, au regard ajusté comme un compas.

Sur un tapis de velours pourpre, Francisco dévoila deux objets d’un acier bruni, gravés de filigranes d'argent pur : des armes d'un genre inédit, conçues dans les laboratoires secrets du Vatican.

— Pas de balles, pas de sang, Georges, expliqua Francisco d'un ton professoral. Ces armes ne tuent pas la chair. Elles créent un vortex de lumière consacré qui aspire et emprisonne les entités maléfiques et la noirceur infusée par le Diable dans les âmes corrompues. João et ses pires sbires ne seront pas exécutés, ils seront scellés.

Georges prit l'un des passe-partout célestes, le fit tourner sur son index avec une agilité de prestidigitateur, avant de le faire disparaître sous sa veste dans un mouvement presque fluide.

— Un aspirateur d'âmes impures, donc, lâcha Georges avec un sourire en coin. C'est parfait pour le ménage de printemps. La Sainte-Siège se lance dans la sous-traitance d'assainissement ?

— Voyez cela comme une miséricorde chirurgicale, rétorqua Francisco, imperturbable. Allez en paix, Double Georges. Et évitez de faire de l'humour avec les douaniers.

Quelques heures plus tard, l'air chaud et cuisant d'Athènes frappait le fuselage de l'appareil. À l'aéroport international Élefthérios-Venizélos, la lumière méditerranéenne n'avait rien de la douce clarté italienne : c'était un soleil de plomb, lourd, traversé par une brume jaunâtre trahissant les incendies et les nuages toxiques libérés plus loin par les saboteurs de João.

Au milieu de la foule bruyante des voyageurs et des haut-parleurs grésillants, Georges s'avançait d'un pas aérien, une bouteille de jus de citron frais à la main. C'est alors qu'il la vit.

Elle l'attendait près du hall des arrivées, adossée à un pilier de béton. Virginie.

Ses cheveux d'un roux flamboyant, flamboyants comme une braise au milieu de la pénombre du terminal, captaient les rares rayons de soleil. Elle portait en elle une beauté singulière, à la fois éclatante et tragique. Sous son regard d'un bleu profond se devinait pourtant une ombre : le teint légèrement altéré, la marque discrète des toxines et des radiations dégagées par les usines que João avait dévastées.

Georges s'arrêta net. Lui qui défiait la gravité, qui bondissait d'un toit à l'autre sans jamais sentir le poids du monde, ressentit soudain un ancrage brutal. Une attraction gravitationnelle d'une force inouïe.

Virginie le fixa. Ses Yeux verts à lui rencontrèrent les siens. Pendant une seconde, le vacarme de l'aéroport s'effaça complètement.

— Vous devez être l'agent venu de Rome, dit-elle d'une voix un peu enrouée par l'air pollué, mais chargée d'une fermeté impressionnante. On m'avait promis un colosse. Vous avez plutôt l'air d'un acrobate qui s'est trompé de cirque.

Georges esquissa son sourire le plus froid, mais une étincelle de chaleur traversa son regard. Il prit une gorgée de son jus de citron, savourant l'acidité avant de répondre :

— Les colosses font trop de bruit quand ils tombent, mademoiselle. Moi, je glisse entre les mailles du filet. Et vous... vous êtes le guide qu'on m'a promis, ou une vision causée par l'insolation locale ?

— Je suis celle qui sait où João va frapper ce soir, répliqua-t-elle, un léger sourire venant adoucir la sévérité de ses traits. Et si vous voulez arrêter ce monstre avant qu'il ne transforme toute la région en désert radioactif, vous feriez mieux de me suivre.

Entre l'être céleste exempté des lois humaines et la jeune femme meurtrie par le poison du monde, le contact était établi. Un fil invisible, électrique et irrésistible venait de se tendre entre eux.

Chapitre 3 : La Traque sous le Marbre d'Athènes

Quittant l'apparat rigide du costume vatican, Georges avait revêtu une tenue d'une désinvolture étudiée : une chemise de lin noir relevée aux avant-bras, un pantalon sombre ajusté et souple, taillé pour le mouvement. Débarrassé des draperies romaines, l’homme apparaissait dans toute sa réalité physique. Il n’avait rien de ces masses musculaires imposantes qui écrasent le sol ; c’était une musculature sèche, nerveuse, faite de câbles et de ressorts. Son visage longiligne, aux pommettes hautes et au menton fin, semblait sculpté dans un bois précieux et dur. Sous le désordre de ses cheveux d'un brun profond comme une nuit sans lune, ses yeux verts flamboyaient d’une lucidité presque effrayante.

Dans la pénombre d’une voiture de location défraîchie qui sentait l'essence et le thym brûlé, Virginie tenait sur ses genoux une tablette tactique synchronisée avec le réseau Seraphim, le satellite espion du Vatican.

— L’œil de Rome vient d’intercepter une transaction bancaire dans une taverne de Monastiraki, dit-elle, la voix légèrement rauque. Un achat massif d’éther et de solvants industriels. Les caméras de la ville ont recoupé la carte : c'est l'acolyte de João. Et les indics du port confirment que João le rejoint.

— Un homme qui veut détruire le monde mais qui paie ses produits chimiques en carte bleue... Le Diable manque décidément de poésie, murmura Georges en faisant vrombir le moteur.

La Course à travers les Arpents d'Athènes

La poursuite s'engagea dans le labyrinthe athénien, tragique et suffocant. La cité étouffait sous un dôme de smog grisâtre. La voiture fendit les petites rues de la Plaka, frôlant les terrasses, faisant voler les chaises en plastique et fuir les chats errants. Virginie guidait Georges avec une précision chirurgicale, malgré la douleur qui tirait son bras irradié.

— À droite après l'agora ! cria-t-elle.

Dans un crissement de pneus atroce, la voiture s'engouffra dans une ruelle en pente. Au loin, une berline noire aux vitres teintées tentait de fuir vers les hauteurs. Georges passa la vitesse supérieure avec une aisance déconcertante, un sourire froid au coin des lèvres.

Soudain, la berline noire piocha un virage trop serre et s’encastra dans un muret de pierre antique. Deux silhouettes en jaillirent et s'élancèrent à pied vers les marches millénaires menant au sommet sanctuaire.

— Fin de la promenade en voiture, déclara Georges en coupant le contact. À pied, la gravité m'appartient.

Ils jaillirent du véhicule. Ce qui suivit fut une démonstration d'agilité presque surnaturelle. Là où les hommes ordinaires trébuchaient sur les dalles glissantes, Georges semblait survoler le relief. D'un bond élastique, il franchit un escalier entier, rebondit sur le rebord d'un balcon de marbre, et coupa la trajectoire des fuyards par les toits de tuiles rouges, guidé d'en bas par Virginie qui verrouillait les issues.

Le Châtiment au Panthéon

La traque prit fin sur le parvis monumental du Panthéon, au milieu des colonnes d'ombre et de lumière où les dieux antiques semblaient assister en silence au crépuscule des hommes.

Le ciel d'Athènes était devenu rouge sang. João, acculé contre les frises millénaires, tenait la télécommande de mise à feu des usines chimiques environnantes. À ses côtés, son acolyte dégaîna une arme automatique.

Georges surgit de l'ombre d'une colonne, le visage longiligne baigné par la lueur du couchant, sans le moindre souffle court.

— Arrête-toi, être céleste ! hurla João, le visage déformé par un fanatisme absolu. L'humanité est une gangrène ! Je vais lui offrir le feu purificateur ! Ce monde a besoin d'air !

— Vous avez raison sur un point, répliqua Georges d'une voix de glace en dégainant la relique du Vatican. Ce monde a besoin d'air. Et vous prenez trop de place.

L'acolyte n'eut pas le temps de presser la détente. Georges s'effaça dans un mouvement de torse fluide, esquiva le tir, et ajusta l'arme vaticane. Un rayon de lumière pure, silencieux et foudroyant, frappa l'acolyte au thorax. L'homme fut aspiré dans un vortex aveuglant, sa matière et son essence maléfique scellées en une fraction de seconde dans la cartouche d'acier.

João, terrifié, leva la télécommande.

— Tu ne peux pas me tuer, je suis le Juge !

— Non, vous êtes juste un mauvais courant d'air, dit Georges avec un calme terrifiant.

Georges pressa la détente. Le rayon sacré enveloppa João. Le criminel climatique poussa un cri d'agonie étouffé alors que son corps se dématérialisait, englouti par le châtiment divin. La télécommande glissa sur le marbre et s'éteignit. Le réseau d'usines était sauvé.

La Chaleur de la Nuit

Virginie arriva au sommet des marches, essoufflée, maintenant son bras meurtri contre sa poitrine. Elle regarda l'emplacement vide où se tenait le tyran quelques secondes plus tôt, puis posa son regard sur Georges.

— "Un mauvais courant d'air"... répéta-t-elle, un rire discret et sincère lui échappant malgré la gravité du moment. La théologie romaine a le sens de la formule.

— Il faut bien dépoussiérer les mythes, répondit Georges en remettant l'arme sous sa chemise de lin.

Il s'approcha d'elle. L'effort surhumain qu'il venait de fournir se lisait enfin sur ses traits : une fatigue immense crevait ses yeux verts, et ses épaules athlétiques s'affaissèrent légèrement. Leurs regards se croisèrent et s'immobilisèrent. Dans le bleu profond des yeux de Virginie et le vert étincelant de ceux de Georges, la tension de la traque fit place à une certitude absolue, une attraction électrique et irrésistible que ni le Vatican ni les lois des hommes ne pouvaient entraver.

Virginie posa doucement sa main valide sur la joue fraîche de Georges.

— Tu es épuisé, Double Georges. La mission est accomplie pour ce soir.

— Mon corps se rappelle subitement qu'il est fait de chair, avoua-t-il dans un souffle, esquissant son premier sourire chaleureux.

— Viens, dit-elle tendrement. J'ai loué une petite maison au pied de l'Acropole. Un bain chaud pour laver la suie de cette ville, un repas simple, et une longue nuit. Demain, le monde reprendra sa course. Mais ce soir, il nous appartient.

Georges hoche la tête, savourant l'idée de déposer les armes. Il passa son bras autour de la taille de Virginie pour la soutenir, et ensemble, ils descendirent les marches de marbre sous les étoiles d'Athènes.

 Transition & L'Infiltration

Scène 1 : La Paix Romaine

Sous le soleil écrasant de la Cité Éternelle, les ruines du Forum semblaient assouplies par la chaleur. Georges s'avançait d'un pas nonchalant, vêtu d'un bermuda et d'une chemise en lin d'un blanc étincelant. À ses côtés, Virginie rayonnait dans une robe rouge sang, son appareil photo en bandoulière. Son bras, encore marqué par les épreuves d'Athènes, était soutenu avec grâce. Georges tenait son éternel jus de citron glacé.

L'illusion de la sérénité s'effondra lorsqu'un Garde Suisse en tenue civile s'approcha, s'inclinant à peine avant de murmurer : — « L'Ombre du Souverain Pontife vous demande au Palais. Une monstruosité vient d'éclore en Afrique. »

Scène 2 : Le Briefing et le Départ

Dans la pénombre du bureau papal, Monseigneur Francisco exposa l'horreur. Dans l'ancienne colonie du Katiko, une alliance entre le mercenaire Martinez et une faction corrompue avait donné naissance à l'innommable : Hitler 2, un clone génétique instable, sadique et sanguinaire, déjà coupable de massacres atroces.

— « Le Pape exige une éradication immédiate », déclara Francisco. « Pas de procès pour une aberration génétique. »

Armé de ses reliques et flanqué de Virginie — qui refusait de le laisser partir seul — Georges gagna le territoire du Katiko. Sur place, le Cardinal Joseph, rallié à la résistance, leur remit les plans d'un château d'architecture bavaroise délirante, dressé au milieu d'une terre affamée. C'est là que Georges fit la connaissance de Bziz, une mouche cybernétique dotée d'une personnalité sarcastique et d'un micro-haut-parleur.

— « Analyse des balayages laser terminée, patron », grésilla Bziz en se posant sur l'épaule de Georges. « Les gardes sont stupides, mais le système de sécurité est blindé. Passe par la corniche Ouest, c'est moins encombré. »

Scène 3 : La Chute du Tyran

Nuit noire sur la forteresse. Fendant l'air avec une agilité fluide, Georges escalada les tours d'inspiration gothique. Il neutralisa trois gardes en un tour de main, troqua sa tenue contre un uniforme d'officier et pénétra dans le bureau du tyran sous prétexte de livrer un message urgent.

Au centre de la pièce, le clone, le visage déformé par une folie mégalomane, le fixa.

— « Qui es-tu pour interrompre mon règne ? » hurla le dictateur.

Georges ajusta sa veste blanche maculée de poussière, esquissa son sourire le plus froid et déclara : — « Un messager de la Sainte-Siège. Et j'ai une mauvaise nouvelle pour vous : l'Enfer va avoir de la visite. »

Avant que le clone n'ait pu toucher à ses armes, le rayon de la relique du Vatican le désintégra sur place. Quelques minutes plus tard, Georges rejoignait Virginie et les résistants dans la vallée. Il tendit le détonateur à Kalma, la mère dont le fils avait été supprimé par le régime.

D'une pression ferme, Kalma déclencha l'explosion. La forteresse bavaroise s'effondra dans un feu d'artifice de pierre et de poussière sous les acclamations du peuple libéré.

Scène 4 : L'Appel du Pape et Cap sur l'Égypte

À bord du vol qui les menait loin du Katiko, le téléphone sécurisé de Georges vibra. La voix du Pape Patrick Ier, soulagée et teintée d'une bienveillance amusée, résonna :

— « Le Ciel vous remercie, Double Georges. Prenez du repos. L'Afrique respire à nouveau. »

Georges raccrocha, se tourna vers Virginie qui observait les nuages par le hublot, et sortit une petite boîte de sa poche.

— « Après les ruines d'Athènes et les palais bavarois... que dirais-tu d'aller voir les Pyramides d'Égypte ? En tant que futurs mariés, évidemment. »

Virginie sourit, scellant leur alliance alors que l'avion mettait le cap sur le Caire.

L'Opération Nuremberg 2

Acte I : La Crypte du Vatican et le Mandat de Francisco

Dans les entrailles de la Cité du Vatican, là où les voûtes de pierre séculaire étouffent le vacarme du monde extérieur, la lumière des cierges luttait contre des néons blafards. C’est dans ce laboratoire secret, croisement improbable entre une sacristie médiévale et un centre de renseignement militaire, que Monseigneur Francisco attendait Georges.

Le secrétaire particulier du Pape se tenait droit comme une lame. Devant lui, sur une table de chêne massif marquetée d'argent, reposait un dossier noir marqué du sceau d'armoiries pontificales et barré de deux mots rouges : NUREMBERG 2.

— « La diplomatie est une vertu humaine, Georges, mais face à l'abomination, elle devient une complicité », commença Francisco d'une voix sèche, dénuée de toute hésitation. « Dans l'ancienne colonie du Katiko, en Afrique, une faction corrompue alliée à des scientifiques dévoyés a commis l'irréparable. Ils ont conçu un clone génétique d'Adolf Hitler. »

Georges, vêtu de son élégant costume sombre d'agent sacré, fit tourner sa timbale de jus de citron pur entre ses doigts fins avant d'en avaler une gorgée acide.

— « Un remake ? » murmura-t-il avec un calme souverain. « Le Diable manque cruellement d'imagination. Et qui finance cette mascarade ? »

— « Le mercenaire Martinez », répondit Francisco en faisant glisser des photographies satellite. « Le monstre qu'il a enfanté s'est proclamé roi sous le nom d'Hitler 2. C'est un sociopathe absolu, instable, pervers, qui a déjà ordonné le massacre sanglant de deux villages d'enfants pour asseoir sa terreur. Le Souverain Pontife a tranché : il n'y aura pas de procès. Le décret est l'éradication pure et simple. »

Acte II : La Terre Rouge du Katiko et le Miroir des Douleurs

Le Katiko accueillit Georges et Virginie sous un soleil de plomb qui transformait l'horizon en une fournaise mouvante. C'était une terre de sang et de poussière ocre, un paysage tragique où la misère du peuple contrastait de manière insoutenable avec la folie des hommes. Car là-bas, dressée sur une colline aride comme une injure à la souffrance humaine, se dressait une forteresse d'architecture néogothique bavaroise : un château de contes de fées allemand avec ses tours pointues et ses pierres gélives, transporté en pleine savane africaine aux frais d'un peuple affamé.

Dans une cabane en pisé dissimulée au fond de la brousse, le Cardinal Joseph les attendait. Ce prélat noir, à la stature imposante et au visage sculpté par une peine immense, s'inclina humblement.

— « J'ai prié pour que le Ciel nous envoie des pacificateurs », confia le Cardinal d'une voix sourde comme le tonnerre lointain. « Mais le Ciel m'a envoyé un exécuteur. Et je bénis votre venue, Georges. »

À côté du prélat se tenait Kalma, une femme du pays dont le regard sombre semblait abriter tous les deuils du monde.

Ce fut une rencontre de deux âmes meurtries. Virginie, dans sa robe rouge sang, s'avança vers Kalma. Sans un mot, les deux femmes se toisèrent. Dans cette pièce de terre battue, la rencontre prit une dimension presque sacrée : d'un côté Virginie, la journaliste européenne portant sur son bras les chairs déformées et cicatrisées par les radiations d'Athènes ; de l'autre Kalma, la mère africaine dont le fils unique venait d'être torturé et exécuté dans les oubliettes du château. La douleur de l'une faisait écho à la rage contenue de l'autre. Deux victimes de la tyrannie scellant, d'un simple serrement de mains fraternel et silencieux, un pacte de sang et de justice.

— « Ce soir », murmura Kalma d'une voix traversée de frissons, « les pierres de ce château boiront la terreur qu'elles ont semée. »

Acte III : L'Infiltration, Bziz et le Châtiment des Prétoriens

La nuit tomba sur le Katiko comme un voile de velours noir. Fendant l'air nocturne, la mouche cybernétique Bziz vint se poser sur le col de la veste de Georges.

— « Micro-caméras activées, patron », grésilla la voix synthétique et goguenarde du minuscule robot dans l'oreillette de Georges. « Le réseau électrique est archaïque. Fais gaffe, les garde-fous de la tour Ouest sont branlants, mais avec ta façon d'insulter la gravité, ça devrait passer. »

— « Merci du conseil, Bziz. Essaie de ne pas finir écrasée sur un pare-brise », répliqua Georges.

Faisant corps avec l'ombre, Georges entama son ascension. Mû par une souplesse féline et une élasticité stupéfiante, il escalada la muraille bavaroise, bondissant de moulure en gargouille avec une aisance déconcertante. Arrivé sur un balcon fortifié, deux gardes prétoriens en uniforme d'apparat patrouillaient, fusil d'assaut au poing.

Georges fondit sur eux comme une ombre. Dans une contorsion spectaculaire, il prit appui sur le mur, désarma le premier garde d'un coup de pied circulaire balayé en pleine volée, et neutralisa le second d'une prise d'étranglement millimétrée. Les deux hommes s'effondrèrent sans avoir pu pousser un cri.

Traînant les corps dans un réduit de service, Georges entreprit de dépouiller l'un des soldats. Il enfila la veste à galons dorés et le pantalon galonné. La coupe, taillée pour un molosse continental, flottait sur sa musculature sèche et nerveuse, mais Georges ajusta la ceinturon de cuir avec son ironie habituelle.

— « Un peu large aux emmanchures », chuchota-t-il en lissant le tissu devant une glace. « Mais pour une soirée d'adieu, ça fera l'affaire. »

Acte IV : Le Choc avec Martinez et le Face-à-Face avec l'Aberration

Se glissant dans la galerie des armes bordée de bustes en marbre, Georges retint soudain son souffle. Une silhouette massive venait de couper sa trajectoire.

Martinez.

Le mercenaire, qu'il croyait avoir tiré d'affaire à Athènes, était bien là. Le visage balafré par sa précédente défaite, un sourire féroce aux lèvres, le colosse dégaîna un couteau de combat.

— « Double Georges... », cracha Martinez. « Cette fois, il n'y a pas d'hélicoptère de secours pour toi ! »

Le combat fut d'une violence inouïe. Martinez ruait comme un taureau furieux, fendant l'air de sa lame. Mais Georges, bondissant, esquivant, élastique comme un ressort, se joua de la force brute de son adversaire. Dans un enchaînement d'acrobaties fulgurantes, Georges esquiva une stoccade, pivota derrière le mercenaire et lui asséna un coup de genou dévastateur dans les lombaires, suivi d'un crochet de gauche qui l'envoya valser contre une baie vitrée.

Le verre explosa. En sang mais refusant de mourir, Martinez bascula dans le vide pour se raccrocher in extremis au patin d'un hélicoptère noir qui venait de décoller en urgence depuis la cour intérieure.

Accroché au véhicule qui s'éloignait dans la nuit, le mercenaire hurla sa vengeance. Georges, adossé à la fenêtre brisée, réajusta sa veste trop grande et murmura avec un regard de glace :

— « Cours toujours, Martinez... On a un rendez-vous manqué. »

Se réorientant immédiatement, Georges enfonça la double porte du cabinet royal.

Derrière un bureau titanesque en acajou, le clone d'Hitler 2, vêtu d'un uniforme surchargé de décorations grotesques, rajustait ses cartes avec des gestes convulsifs. En voyant entrer cet officier au visage longiligne et aux yeux verts étincelants, le tyran se leva, fou de rage.

— « Qui es-tu ? » hurla le clone, la voix haut perchée et tremblante de démence. « Tu viens m'apporter le rapport sur l'extermination du village ? »

Georges s'avança d'un pas tranquille, détaché, retirant sa casquette pour la poser sur le bureau.

— « Pas exactement. Je viens vous apporter le solde de votre compte. »

Le clone dégaîna un pistolet incrusté d'or. — « Tu oses me braver ? Je suis l'héritier du Sang ! Je suis le Roi du Katiko ! Je suis la purification ! »

— « Vous êtes surtout un mauvais copié-collé de l'Histoire », répliqua Georges d'une voix de velours glacé. « La génétique a fait une erreur de frappe. Vous n'êtes pas un conquérant, vous êtes un accident industriel. Et le Vatican n'aime pas le gâchis. »

— « Gardes ! À moi ! » hurla le dément.

— « Ils dorment tous », dit Georges en sortant de sa veste la relique d'acier bénite. « Mais le Souverain Pontife m'a demandé de vous passer son bonjour. »

— « Le Pape ? » stagna le clone, pétrifié.

Georges esquissa son sourire le plus noir : — « Il m'a dit de vous dire : l'Enfer va avoir de la visite. »

Georges pressa la détente. Le vortex de lumière consacrée jaillit dans un vrombissement biblique. L'aberration génétique fut happée, dématérialisée et scellée en une fraction de seconde dans la cartouche d'acier. Il ne resta dans le bureau qu'un silence de mort et une pincée de poussière grise.

Acte V : La Rédemption par le Feu et le Coucher de Soleil sur Gizeh

Rejoint au pied de la colline par Virginie, le Cardinal Joseph et les villageois, Georges tendit le détonateur à Kalma. La mère, les yeux brillants de larmes et de dignité retrouvée, posa son pouce sur le bouton rouge.

Dans un rugissement de tonnerre qui secoua la terre rouge du Katiko, la forteresse néogothique s'effondra sur elle-même dans un feu d'artifice de pierre, de flammes et de poussière. Le peuple en liesse laissa éclater sa joie sous le regard bénissant du Cardinal Joseph.

Quelques jours plus tard, la terre d'Afrique laissait place à la majesté du désert égyptien.

Le soleil se couchait sur le plateau de Gizeh, embrasant la pierre millénaire des Grandes Pyramides. Georges et Virginie étaient assis côte à côte sur un bloc de grès, dominant le Sphinx. Georges venait de couper la communication sur son téléphone sécurisé : le Pape Patrick Ier, avec une chaleur et un soulagement non dissimulés, lui avait accordé une bénédiction paternelle et des vacances bien méritées.

Georges prit une gorgée de son jus de citron rafraîchi par le vent du soir, puis se tourna vers Virginie. Son visage longiligne trahissait une émotion rare, dépouillée de son ironie habituelle.

— « Virginie », commença-t-il doucement. « Mon métier consiste à sauter des toits, à effacer des monstres et à servir d'arme discrète à la Sainte-Siège. C'est une vie d'ombres et de danger. Si tu me disais que c'est trop pour toi, je le comprendrais sans une hésitation. »

Il tira de sa poche un petit écran d'argent ciselé renfermant une bague.

— « Mais si tu acceptes de partager cette folie... veux-tu devenir ma femme ? »

Virginie le fixa de ses grands yeux clairs. Elle regarda son bras cicatrisé, puis posa sa main sur la joue de Georges avec une tendresse absolue.

— « Georges, j'ai frôlé la mort à Athènes et j'ai vu l'enfer au Katiko », répondit-elle d'une voix d'une clarté parfaite. « Je sais exactement qui tu es et ce que nous affrontons. Et je n'ai nulle intention de te laisser faire le tour du monde sans moi. C'est oui. »

Et tandis que le soleil disparaissait derrière les monuments des Pharaons, l'agent sacré et la photographe scellèrent leur amour d'un baiser, prêts pour la prochaine tempête.

L'Ombre de Gomorrhe

Prologue : La Cage des Falaises de Moher

Le vent glacial de l'Atlantique hurlait contre la roche sombre, projetant des embruns salés à plus de deux cents mètres de hauteur. Suspense insoutenable : accrochée au-dessus du vide abyssal, une cage d'acier rouillé balançait son ombre au rythme des rafales sur les falaises de Moher.

À l'intérieur, Double Georges ajustait avec une ironie stoïque les lambeaux de sa veste sur mesure. Le visage taché de suie et de sang séché, il contemplait le spectacle. La vue sur la côte irlandaise était grandiose, mais l'inconfort restait absolu. Au loin, fendant la houle noire, trois navires-citernes géants sans pavillon mouillaient dans les eaux territoriales, leurs cales remplies d'un composé chimique hautement toxique capable d'anéantir l'écosystème marin sur des milliers de milles nautiques.

Accoudé à la paroi rocheuse, indifférent au vent furieux, se tenait Gomorrhe. La dernière création de Martinez incarnait l'abomination : un être hybride, synthèse terrifiante entre l'ange déchu et l'homme, dont les yeux brûlaient d'une lueur jaunâtre intenable.

Comment le plus insaisissable des agents du Vatican s'était-il laissé prendre dans ce piège ?

Acte I : L'Embuscade de la Ville Éternelle

Quelques jours plus tôt, Georges et Virginie savouraient encore la douceur de leur retour d'Égypte. Le teint hâlé, l'esprit léger après leur lune de miel, ils avaient franchi les portes du Vatican pour y retrouver Monseigneur Francisco. Le prélat, chaleureux comme à son habitude, les avait félicités pour leurs fiançailles et manifesté son désir de bénir promptement leur union.

Mais dans les ruelles romaines, le danger ne dort jamais.

En quittant le Palais Apostolique pour regagner leur appartement du Trastevere, Georges laissa Virginie filer devant pour une course. Il s'engagea sur la Via della Conciliazione, puis bifurqua dans le dédale ombragé du Borgo Pio. C'est là que l'air devint anormalement lourd. Une sensation de brûlure à la nuque lui signala une présence hostile.

À la hauteur de la Piazza Navona, la réalité se déchira. Gomorrhe surgit de l'ombre des colonnades, déployant une force physique hors norme. Georges bondit sur les toits depuis la Via del Governo Vecchio. Malgré sa grâce acrobatique légendaire, un vertige soudain le figea une fraction de seconde alors qu'il dominait le vide au-dessus de la Piazza della Chiesa Nuova — une faille rare, exploitée instantanément par son agresseur.

Dans un réflexe de survie, Georges exécuta un court saut de téléportation tactique, réapparaissant trois cents mètres plus loin, au coin du Vicolo del Piede. Mais Gomorrhe, guidé par une perception démoniaque, l'y attendait déjà. Une grenade à gaz neurotoxique résonna sur le pavé. Un brouillard verdâtre et âcre enroba le terrain. Le monde de Georges bascula brutalement dans le noir.

[ ACTUALITÉS / FLUX DE DONNÉES #041 ]

« Sept millions de tonnes de plastique et de résidus chimiques déversées ce trimestre. Les océans suffoquent. »Dépêche Reuters / 14:22 / INDICES BOURSIERS EN HAUSSE POUR LE SECTEUR PÉTROCHIMIQUE / « La sixième extinction de masse n'est plus une projection, c'est une réalité opérationnelle. » (Journal d'Écologie Appliquée) / Technologie sub-cutanée RFID-v4 : géolocalisation millimétrique par satellite militaire géostationnaire, autonomie dix ans, injection indolore. / FONTE DE LA BANQUISE ACCÉLÉRÉE / « Et la mer rendit les morts qui étaient en elle... » (Apocalypse 20:13) / SIGNAL EN VOIE DE PERTE. TRACER. VERROUILLER.

Acte II : La Traque Angoissée

Dans l'appartement du Trastevere, le silence devenait lourd. Virginie consultait sans interruption l'écran de son boîtier de contrôle relié au micro-drone Bziz. Lorsque le signal biométrique de Georges s'interrompit brutalement sur son parcours habituel, son sang ne fit qu'un tour.

Sans céder à la panique, elle bascula sur la fréquence d'urgence : la puce de traçage sub-cutanée militaire, discrètement implantée dans l'aine de Georges lors de sa dernière visite médicale au Vatican. Le point lumineux clignotait de manière anormale, se déplaçant à une vitesse incompatible avec une marche ou un taxi.

Le Secrétariat d'État lui dépêcha immédiatement le Père Jack O'Brien, prêtre irlandais au col romain impeccable, expert en renseignement et informaticien de génie.

— « Le signal glisse vers l'aéroport militaire de Pratica di Mare », lança Jack, les doigts volant sur son clavier durci, le visage tendu par l'inquiétude. « Ils l'embarquent dans un cargo médical privé. Si l'appareil passe sous la couverture nuageuse au-dessus de la Méditerranée, nous allons perdre toute trace ! »

Virginie serra les poings, le regard fixe : — « On ne le perdra pas, Jack. Pas après ce qu'on vient de traverser. Monte le serveur de liaison, on part tout de suite. »

Ce fut le début d'une course contre la montre haletante. En voiture de sport jusqu'au tarmac romain, puis à bord d'un hélicoptère rapide mis à disposition par le Vatican, Virginie, le Père Jack et une escouade de Gardes Suisses en tenue d'assaut s'élancèrent à la poursuite du signal faiblissant. Le stress montait à chaque kilohertz perdu. L'appareil de transport filait plein nord-ouest, droit vers les côtes de l'Irlande.

Acte III : Dialectique dans les Cieux et Menace Écologique

À dix mille mètres d'altitude, l'air intérieur du cargo puait le kérosène. Sourdement enchaîné à une armature de métal, Georges reprit connaissance. En face de lui, Gomorrhe buvait un verre d'eau glacée avec une lenteur provocante.

La joute verbale s'engagea, lourde de tension philosophique.

— « L'humanité est un cancer métastasé, Georges », reprit Gomorrhe de sa voix graveleuse qui faisait vibrer la structure de l'avion. « Martinez n'est que l'exécuteur. Nous allons offrir aux océans la même purification radicale qu'à l'époque des dinosaures. Une remise à zéro absolue. Pas par haine, mais par hygiène biologique. »

— « C'est un beau discours, mais la théologie de comptoir manque un peu de fraîcheur », répliqua Georges, le corps meurtri mais l'esprit affûté. « Vous nous rejouez le grand nettoyage du Déluge depuis trois mille ans. C'est d'un manque d'imagination affligeant. »

— « Tu auras tout le loisir d'y réfléchir depuis ta cage accrochée aux falaises d'Irlande », sourit Gomorrhe. « Trois cargos déverseront le poison sous tes yeux. Et Martinez suivra ta défaillance en direct par satellite. »

[ ACTUALITÉS / FLUX DE DONNÉES #042 ]

ZONE MORTELLE DÉTECTÉE EN ATLANTIQUE NORD : TAUX D'OXYGÈNE PROCHE DE ZÉRO. / « 90 % des grands prédateurs marins ont disparu depuis le milieu du XXe siècle. » / MICRO-DRONE MILITAIRE BZIZ : charge utile 0,8 gramme, empreinte acoustique quasi nulle, autonomie illimitée par micro-capteurs solaires. / COMMUNIQUÉ CLAN MARTINEZ : LA PURIFICATION N'EST PAS UN CRIME, C'EST UNE NÉCESSITÉ ÉVOLUTIVE. / Cargo fantôme battant pavillon de complaisance repéré au large de Clare. / ÉCHOUAGE MASSIF DE CÉTACÉS SUR LES CÔTES EUROPÉENNES. / DÉCOMPTE AVANT LARGAGE DES TOXIQUES : T-MINUS 12 MINUTES.

Acte IV : L'Évasion, la Frappe et la Puce

Installés dans un van de commandement garé à deux kilomètres des falaises, Virginie et Jack luttaient contre le temps. Les mains de Virginie tremblaient légèrement sur les commandes vidéo du micro-drone Bziz.

— « Je l'ai visualisé ! » s'écria-t-elle, la voix nouée par l'émotion en voyant Georges suspendu dans sa cage. « Il est vivant, Jack ! »

— « Lance la procédure d'infiltration », ordonna le prêtre en ajustant ses fréquences radio. « J'alerte immédiatement la marine et l'aviation irlandaise. »

Infiltré à travers les barreaux de la cage, Bziz déposa dans la paume de Georges un crochet en titane ultra-résistant et une micro-pince hydraulique.

Profitant d'un instant où Gomorrhe s'éloignait pour vérifier les transmissions satellite avec Martinez, Georges crocheta la serrure avec une précision chirurgicale. Il s'extirpa du piège, escalada la paroi rocheuse à la force des bras et atteignit le sommet de la falaise.

Raccordé à la fréquence de Jack, Georges hurla dans le micro-émetteur : — « Jack ! Transmets les coordonnées tout de suite ! Trois navires-citernes s'prêtent à empoisonner la mer ! »

Tandis que les chasseurs de la force aérienne irlandaise et les patrouilleurs de la marine fondaient sur les vaisseaux toxiques pour neutraliser les équipages de Martinez, Georges engagea le combat terrestre contre Gomorrhe.

L'affrontement fut d'une violence inouïe. Malgré l'épuisement, Georges déploya une maîtrise acrobatique totale, esquivant les coups dévastateurs du mi-démon. Récupérant une grenade neurotoxique non dégoupillée sur un garde à terre, il la déclencha à bout portant, plongeant Gomorrhe et ses acolytes dans le même sommeil chimique qu'il avait subi.

Mais au moment où Georges neutralisait la télécommande d'amorçage pour empêcher toute explosion à distance, Gomorrhe, quoique très grièvement blessé, rouvrit un œil injecté de sang et se laissa basculer dans le vide, rejoignant un sous-marin de poche tapi au pied de la falaise.

Ce que la créature ignorait, c'est que pendant sa brève perte de connaissance, le drone Bziz — guidé par un aller-retour tactique exécuté sur ordre de Virginie — lui avait injecté sous la peau une puce de traçage de dernière génération.

Épilogue : Pression à Limerick et Fureur Vaticane

La catastrophe écologique évitée de justesse, la zone était désormais sous contrôle militaire international.

Dans une chambre sécurisée de l'hôpital de Limerick, Georges, le corps perclus de pansements et la tempe bandée, grimaçait en goûtant un jus de citron tiède. Assise au bord du lit, Virginie lui serrait la main, le visage encore marqué par l'angoisse des dernières heures, mais éclairé par un profond soulagement.

Le téléphone satellite de Jack sonna. La voix de Monseigneur Francisco, d'ordinaire si calme, résonna avec une fureur volcanique :

— « Un mi-démon, mi-humain sur les terres d'Europe ?! C'est un sacrilège impardonnable ! Martinez a dépassé les bornes du tolérable ! Georges, dès que vous pouvez vous tenir debout, nous traquerons cette abomination jusque dans les profondeurs des Enfers s'il le faut ! »

À l'autre bout du globe, dans son bunker de commandement, Martinez pulvérisa son écran de contrôle dans un hurlement de rage hysterique.

Georges reposa l'appareil, croisa le regard de Virginie et esquissa un mince sourire : — « Bon... nous devons être attendu au Vatican pour nos fiançailles , ma chérie »

 

 

 

 

 

 

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  1. Une nouvelle écrite vient : CHANT 1 

 

  1. Prignac et Marcamps , deux anges missionnaires aux allures en costumes et lunettes noires vinrent , heureusement, me prévenir ..pour mon émotivité : 
  2. Je les remercie encore ! 

 

  1.  La Pensée de Robin ou les 40 jours de Robin est  toujours parmi nous comme le Christ 
  2. Robin existe . La conscience qui vient d on ne sait d ‘où , reste . Elle ne disparaît pas . Éternelle . La conscience flotte au-delà de la mort . Aucune activité neuronale n explique sa naissance , peut- être son éternité 
  3. Et Robin , sa conscience vint un matin parmi nous …  . Comme un fantôme .. gentil …. 
  4. Sa conscience frappa à la porte ! 
  5. Alors je vis ….un être d éther, un spectre ! 
  6. Déjà j avais  senti , vague, vaguement mais vraie sensation , ta presence à côté de moi dans la voiture , dans les chemins de balade, dans mon salon mais c était fugitif .. Tu revenais délicatement .
  7. Je suis stupéfait ! À faire un vertige . Je m appuyai sur le chambranle mais Robin tenta de me rassurer aussitôt . 
  8. «  Du calme , papa, c est moi , mon ombre, mon spectre et je viens en paix . Ce sont mes 40 jours et je n ai  la possibilité de me montrer qu à quelqu un de mon choix. Tu m as appelé comme tous .  . Je reste une sensation , heureuse ou douloureuse pour les autres que j aime . Tout va bien , enfin mieux . Triste mais content de te voir . Puis je entrer avant que certains se demandent à qui tu parles à ta porte tout seul !!!
  9. « -Eh , eh oui mais je ne fais pas une hallucination? demandai je en faisant entrer mon cher fils « . Je reprenais plus ou moins mon esprit . La foi aidait ma raison . C était bien lui , ses yeux bleus , sa carrure et son sourire un peu coquin . Aucune blancheur , agile , il me demanda si nous pouvions boire un café et nous asseoir . Une fois dans l appartement, nous nous embrassâmes longuement en tapotant nos épaules . 
  10. Il était 9h , je l invitai à s’installer dans un fauteuil  de mots et gestes peu assurés, le fixant rond …. En le regardant regarder les photos d hommages  de lui je préparais en tremblant  2 cafés . Je ne trouvai plus mes mots . Il m aida: 
  11. «  je me suis réveillé par la grâce de Dieu de cette façon , habillé comme pour la  sépulture . J ai vu un ange …… et j ai demandé à te voir pour une mission et te rencontrer . Cela sera incrédule  . Je ne peux apparaître à tous, ce ne serait plus du miracle . J irai quand même voir tous ceux que j aime, maman , sœur, frère , demis et fiancée , fille , qu ils le sentent , dans un rêve ou une sensation comme j ai fait pour toi . La vie me manque mais je suis serein malgré tout , ces regrets d avenir . 
  12. je suis encore secoué . J ai rêvé de toi , que tu venais comme un message « 
  13. Je m assis après une main sur son épaule , je devais être blanc comme un linceul, pas lui , je tremblais . Se poser me calma . Je ne cessai de regarder cet invité extraordinaire , des larmes de joie et dépit se mélangeaient . 
  14. «  Nous avons été , restons   tellement effondrés ! 
  15. Moi aussi et je suis désolé , tellement désolé , papa
  16. Tu n as pas à l être , tu as été assassiné, vaincu par Thanatos malgré ton ange gardien Émilie  « 
  17. Un silence trop long , de mort , se répandit un instant étiré . Il me fallait réaliser plus que lui . Il rompit ce vide très vite . Son entrain,  mesuré mais authentique m étonnait aussi 
  18. « J ai oublié quelque chose, parmi plein,  et j ai 40 jours , un peu moins , j ai besoin de ton aide …c est tellement important papa . Il faut que tu viennes avec moi s il te plaît ! Saint Christophe nous guidera .
  19. Mais de quoi parles tu ? « 
  20. J avais encore l impression de parler dans un rêve , triste rêve avec une joie de voir ce fils . Absent et présent .
  21. « J aimerais , il faudrait aller au Mont de la Grâce, j ai besoin , une mission, d’y retrouver et ouvrir  quelques chose .  m a empêché de le faire, ordre de Charon, passeur des morts avant de traverser le Styx, fleuve de vue à trépas au ciel mais toujours ressenti ici  ! 
  22. - Grimper là haut ? Mais je n ai pas ton talent mon fils ? 
  23. Tant fais pas , St Christophe t aidera justement . Mais viens m aider je t en prie « 
  24. Je ne voulais pas le  quitter encore . J acquiesçai volontiers mais demanda pour quoi faire …
  25. «  J ai quelque chose à ouvrir tout là haut . Un coffre enterré. Nous en avons  tous un quelque part que nous savons chéri . C’est une mission une fois décédé , je l ai appris pour cause . Je te dirai ce que c’est . « 
  26. Il m interpelais après la stupéfaction de le voir . Ma tension variait mais mon plaisir submergeait . Etres à ses côtés !! Encore 
  27. Il m expliqua qu il ne pouvait tout mec dire car un ange déchu entendait et à certains mots, intervenait . Il saurait bien à temps . Je compris . Il s agissait de manœuvres après la mort , fin en réalité incompréhensible… 
  28. Alors nous partîmes tous les trois , trinité humaine avec le saint , en reflet 
  29. Nous prîmes …un tapis volant , Robin Aladin conduisait avec un vent favorable. Les Pyrénées s agrandissaient , s approchant . Mais le Pallaisson   d’un acolyte de Lucifer poursuivait . Mais notre avance s emportait d Eole ! Un vent divin nous  aspirait . Un instant de grâce dans un air revigorant . Une partie de mon cerveau restait en stupéfaction et de même pour mon cœur qui s était fissuré à son décès et des suites indicibles , une joie et paix sans omettre le drame qui nous amena sur cette route céleste . 
  30. Nous devrions rencontrer Spes , l espoir, de son éternité  et combattre l Illusio, l illusion  , un monstre adjoint de Thanatos   , la Malediction ! 
  31. Tout se passerait à Gavarnie , une bataille . 
  32. Mais pour l heure , nous allions découvrir un monde inimaginable où qu imaginable ! Mais réel jusqu à sa découverte saisissante aussi ! 
  33. Je ne voulais pas le  quitter encore . J acquiesçai volontiers mais demanda pour quoi faire …m
  34. «  J ai quelque chose à ouvrir tout là haut . Un coffre enterré lors de mes excursions extrêmes Je te dirai ce que c’est . 
  35. Il m interpelais après la stupéfaction de le voir . Ma tension variait mais mon plaisir submergeait . Etres à ses côtés !! Encore
  36. Il m expliqua qu il ne pouvait tout pr dire car un ange déchu entendait et a certains mots, intervenait . Il saurait bien à temps . Je compris . Il s agissait de manœuvres après la mort fin en réalité incompréhensible…
  37. Alors nous partîmes tous les trois , trinité humaine en reflet
  38. Nous prîmes le tapis volant , Robin Aladin conduisait avec un vent favorable. Les Pyrénées s agrandissaient .Un vent divin nous  aspirait . Un instant de grâce dans un air revigorant… mystique
  39. Nous devrions rencontrer Spes , l espoir, de son éternité  et combattre Illusio, diabolique
  40. Robin , il faut insister sur ce point,aimait les Choses, commme des êtres. Il bricolait, oeuvrait, réparait, rénovait, créait, touchait, testait, harmonisait, rangeait. Poète, il aurait été fan de Francis Pong
  41.  De ce poète : « Un jour réticent règne à l’intérieur de ce colimaçon délabré, où flotte en suspension la râpure du bois beige. Au bruit des souliers hissés par la fatigue d’une marche à l’autre, selon un axe crasseux, nous approchons à une allure de grains de café de l’engrenage broyeur.Chacun croit qu’il se meut à l’état libre, parce qu’une oppression extrêmement simple l’oblige, qui ne diffère pas beaucoup de la pesanteur : du fond des cieux la main de la misère tourne le moulin.L’issue, à la vérité, n’est pas pour notre forme si dangereuse. Cette porte qu’il faut passer n’a qu’un seul gond de chair de la grandeur d’un homme, le surveillant qui l’obstrue à moitié : plutôt que d’un engrenage, il s’agit ici d’un sphincter. Chacun en est aussitôt expulsé, honteusement, sain et sauf, fort déprimé pourtant, par des boyaux lubrifiés à la cire, au fly-tox, à la lumière électrique. Brusquement séparés par de longs intervalles, l’on se trouve alors, dans une atmosphère entêtante d’hôpital à durée de cure indéfinie pour l’entretien des bourses plates, filant à toute vitesse à travers une sorte de monastère-patinoire dont les nombreux canaux se coupent à angles droits, – où l’uniforme est le veston râpé...)
  42. . C'est important de souligner car nous allions être confrontés à des choses diverses, sortes de "monades leibniziennes" avec des esprits ou fonctions de différentes intentions... Mais Robin savait s'adapter, se débrouiller et débrouiller. 
  43. La mort est un combat , des combats , des vivants contre le désespoir, les morts pour leurs mémoires aussi , leurs sentiments, cette « présence confuse «  
  44.  Mais pour les bonnes âmes , la force de Dieu leur donnait de la puissance . Les monstres en étaient exclus . 
  45. Mais il fallait , avant le céleste , ouvrir une boîte inverse de Pandore, un coffret du Soi, sa succession éternelle et omniprésente . 
  46. Nous arrivâmes sur un immense plateau verdoyant, parsemés de chênes, sapins mais étrange : plein de portes et fenêtres seules donnant sur le monde entier  , chacun , le passé et le présent : ainsi une vitre donnait sur sa fiancée et famille , ses proches , mère, sœurs, frère et amis , d autres sur tous , chaque point cardinaux , chaque recoin de la planète. La Vérité , la Réalité illimitée . Tout s ouvrait !
  47. C était vertigineux, fabuleux, impressionnant . Robin pouvait être partout , dans des lieux, moments, objets , etc . 
  48. Mon fils s amusa de mon Étonnement , un exemple de vie infinie, étendue . 
  49. Mais l heure de la mission arrivait. Les esprits du mal veillaient , poursuivaient aussi 

 

À suivre … CHANT 2 

 

CHANT 2

1-La mort n est pas purgatoire , enfer mais combat pour l éternité ,  l absence après punition pour les mauvais , transmission , partage, amour 

Mais des forces se battent sous le regard de Dieu avec son aide et soutien . Un nouvelle lumière invisible à l œil réel, une présence floue , intangible en général ou parfois sous la forme d une Tortue  géante ,  bienfaisante et volante  Testudo, celle qui est nommée plus haut Spes, l espoir  !  Mais Dieu a des ennemis : l oubli, la rancœur, la discorde , l’ indifférence , l ingratitude , cet Illusio , Monstre de mensonges, perfidie, échec  mais le Pardon, l’Amour  si durs à dire sont puissants avec St Georges et la Testudo  .. contre ce  dragon Illusio du diable prêt à tout . Mais perdant par son existence même 

2. Nous quittâmes le haut plateau et gravîmes . St Christophe m aida à escalader et à écarter les mauvais esprits qui cherchaient l empêchement ! À coups de foudres …

3. Le monstre volant aussi, planant comme un aigle se présente pour s occuper du monde des morts . Il n a pas l allure de Hydre , la Faucheyse  ou Cerbère à plusieurs têtes mais une belle créature à une seule tête, de grosses canines , un corps translucide , un roc de Diamant, statue mouvante immobile ou vivace, d un allure de robotique adaptée à l époque     avec dix  bras , chevelure ample et longue capable d attraper des êtres et les étouffer . De sa matière mouvante Illusio peut sortir épées, arc et fléches, mitrailleuse ou ciseaux géantes tous de couleurs joyeuses, éclatantes, hypnotisantes , trompeuses ! 

4. Heureusement St Christophe , St Georges et la Tortue , depuis des millénaires, connaissent ses tours et sont armés , en plus de boucliers, pierres comme  dans « chiffon, ciseau et pierre tous bleus . 

5. Les compères , sous le regard médusé , flou comme un ressenti d'Emilie dans un rêve proche du réel par sa puissance . De même la fille de Robin, ses proches et amis font ce même rêve incertain , furtif, immaitrisable…

6. Avec frayeur, anxiété soulagées par les saints et Tortudo les escalateurs parvinrent dans un brouillard à peine frais, au sommet du col de la Grâce puis du sommet . 

7. Le lieu était vert des landes d’Irlande avec des dieux celtes venus défendre notre équipée de l entre Vie/Mort. Il s agissait d une hauteur en forme de plateau montagnard et un champ de bataille , l Ultilme . 

8. Le coffret se trouvait sur un flanc proche de la pointe d altitude . Mais la guerre allait s inviter pour empêcher son ouverture ! Le brouillard disparut d un coup de souffle et fut remplacer par une tempête de poussière , signe de feu incineratoire. 

8. Tous nous nous protégeâmes les yeux de lunettes appropriées comme celles des nageurs , plongeurs mais d alliage d or  . Les protecteurs, amis de Robin se préparèrent au combat pour atteindre le coffre caché dans une petite grotte incrusté dans la montagne et dont Robin connaissait le mot magique d ouverture : 

Vellus-aureum-tauri , toison de taureau d or , taureau, son signe universel. . Mais il fallait atteindre la petite porte d’acier …

9. Les monstres Illusio , Thanatos, Cerbère et l hydre s étaient placés devant . Maintenant les 2 petites troupes se faisaient face ! 

Les armes côté diables , feux, langues à venin furent jetées . Mais Tortudo commença à lancer ses Fonctions quasi mathématiques et dérivées en flux fins mais de rayons de soleil! Création de Dieu . La carapace de la Tortue agit et bloqua, les saints brisèrent de foudre les projectiles de plomb qui éclatèrent en orage dans le ciel au dessus du sommet 

10 . Cela alla vite ou lentement.  Le temps était indéfinissable , relatif . Le coup de grâce sur ce mont fut donné par Robin lui même . Transformé en Robin des bois , lui fournissant des flèches apparues dans les mains , le chevalier de Luxey brisa , démultiplia les monstres d en face de ces projectiles en saillie avec du feu aux pointes explosives . 

11. Par la force divine , des protecteurs Illusio et autres furent éclatés et envoyés en cage d ‘  enfer sans serrure , dans un autre univers pour d autres méfaits . Pour l instant ils étaient loins et coincés . 

12 . Le calme revenu , non sans épuisement , Robin s approcha de la porte d acier et , tenant la main d Emilie toujours dans son sommeil onirique , lança , cria :

Vellus-aureum-tauri !! 

La porte s ouvrit . Une fois dans la grotte surveillée par Tortudo méfiant , gardien en cas de retour des Hideux malfaisants avec les saints , je regardais tour à tour mon  cher  fils et celui de sa mère , frère chéri et amoureux transi comme ce coffre de pirate de chêne et d acier . Alors il s ouvrit , reconnaissant de ses 2 yeux en jade le destinataire …

13. Mais , étrangement , presque décevant rien ne se trouvait dedans !!! Que se passait-il ? Avions nous été usurpés par les démons . 

14 . C’est à cet instant de doute et déconfit qu une voix , Saint Eliott invisible mais à la voix bien réelle dit : Souffle ô Amour ! Sans autre mot . Robin ne paraissait pas , le seul, étonné 

15. De ce Rien jaillit un souffle lumineux , translucide !! Cela fit un bien fou , un air fort, chaud, impetceptible hormis par son effet de bien-être , de nirvâna , divin comme lors de la Création . Une extase , une caresse d ange .

16. Tous ébahis,  transi, envahi d amour, voyant les belles images du passé de Robin avec ses affections, ses amours . L extérieur paisible accueillit ce souffle qui s étendit . 

17 . Nous comprîmes alors qu il s agissait de l âme , la  Mémoire , tout l Amour infini de Robin .. son éternité ! Sa présence hors du temps et de sa mort . Et ce fils , père , fiancé adoré , chacun à sa manière fut emporté par ce souffle et nous sentîmes son être se répandre dans nos corps, âmes  et la noosphère. Cette enveloppe d esprit comme m atmosphère mais spirituel . 

Les monstres , quant à eux avaient des coffres maléfiques à ouvrir . C était la lutte des Souffles !! Le bien contre le mal .. Robin avait participé au Bien 

18 . En partant , nous quittant il envoya à tous un sms dont il me reprochait plus les miens , nombreux , trop parfois paraît il , mes présences en textes comme ceux en oral , bien réels . «  Je suis , serai toujours avec vous , je sais que vous m y inviter après ce cheminement ! Je vous aime donc je suis là »

19. Ainsi les ténèbres furent vaincus ! 

« Jean 1 5 9: la lumière brille dans les ténèbres , et les ténèbres ne l ont pas comprise . La vraie lumière était celle qui venant dans le monde , illumine le monde. Jesus dit : je suis la lumière du monde , celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres , il aura la lumière de la vue - Jean 8 12 «  

20. Nous sentîmes sa conscience reproduite en nous . Dans une malice qui lui était propre il écrivit aussi : «  je vous laisse vous débrouiller pour redescendre. Attention à vos pieds , ne trébuchez pas , te casse pas la gueule papa …vous êtes bien secondés ! «  

À très vite , je suis dans l univers . Vous me pensez , donc je suis là et veille ou vous chatouille !!! » Soyez serein je ne suis plus un corps mais bien présent. Bon j ai du boulot et du monde à voir , revoir .. mais je ne serai pas loin . Je vais répandre ce souffle d amour sur vous et le monde . 

 

21 . La douleur restait là. Dieu savait , consolait ….et l écho , l odeur, le visage, 

L humilité immortelle  de Robin. Ses mots doux , ses rires , Rejetant les arrogants et médisants ,rancuniers , ces Sheriffs de Nottingham  sa mission pour tout de positif et bienfaisant , la face claire de la lune ….

de son vol de rouge- gorge… Rob Wood , la flèche sans mal qui nous  traverse , voyez le , écoutez le , discret mais partie de nous, Nôtre et lui vainqueur le l’oubli , des oublis . 

N abandonnant personne à Sherwood et dans nos Sherwood ! Ses merry men , joyeux compagnons et Marianne , Noémie etc 

 

Sans fin ! Sans fin . D amour et d éternité. 

Défenseur des plus affaiblis par les sheriffs et la douleur 

 

 

 

Il y différence entre exister et être ! Être est à tous les temps . La perception, la substance, hors anonymat ou insensibilité ignobles , sont toujours là , par le souvenir , les actions, l empreinte ,les images  l amour et filiation . 

Robin est !

«  Le  vent, un des éléments de la nature, vent de tempête ou brise légère, « dont on ne sait ni d'où il vient ni où ilo va » (Jean 3,8). »

Hefesh veut dire âme. 

L âme continue à travers Nous . 

Tout ne disparaît pas mais se prolonge  par nous . Tout est infini 

"Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants."

 

 

 

L armée de l Avenir 

 

Voyez les se lever ces enfants 

Joyeux , anxieux, indifférents

Mais prêts , vois cette armée 

Éparpillée, bientôt regroupée 

 

Voyez les se lever ces enfants 

Cette fin d été, le soleil suivant

Demain est à elles et eux 

Cette nation sera leur vœu 

 

Voyez les se lever ces enfants 

De la nation, insouciants 

Allant pour l instant, pour soi 

Muant , vers à soie 

 

Voyez les se lever ces enfants

Adolescents, le pas vif ou lent 

N ‘oubliez pas qu’apprendre 

Est en classe ou chaque instant 

 

Voyez les se lever ces enfants

Dans , hors les murs des écoles 

Dans les murmures, dans les vols

Des oiseaux regardant ce défilé , 

 

Voyez les se lever ces enfants

Ces  élèves, d abord rêves sur pied ! 

Gavroches de liberté, des humanités 

L Émile, Gargantua de curiosité 

 

Voyez les sortir des buissons !

Jouer avec leurs boutons ! 

Le maitre est l amitié et la Passion 

Dans l horizon de Platon 

Apprends à être heureux ! 

C est du serieux . 

Bienvenue sur le blog de Michel F. Umano, écrivain

Plongez dans un monde de créativité et d'émotion à travers les œuvres littéraires variées de Michel F. Umano. Découvrez ses nouvelles captivantes, poèmes poignants, romans envoûtants et pièces de théâtre inspirantes.

Écrits , poèmes , nouvelles, roman , théâtre , pensées tout en mots 

 

                                 SUN AND US 

  • Tourne soleil 

Chauffe et brille 

Les tournesols te suivent 

  • Tourne soleil 

Les enfants t attendent 

Tous se découvrent 

  • Tourne soleil 

Ta chaleur nous jette

Dans l eau ton amie 

  • Tourne soleil 

Toi la vie des fleurs 

Tous t adorent 

  • Tourne soleil 

Mais restons à l ombre

Tu es fort comme un coup

  • Tourne soleil 

Quand ta chaleur fatigue 

Nous fermons les volets 

  • Tourne soleil 

Nos corps sont détendus 

Tu préviens des Celsius 

  • Tourne soleil 

Passe ta puissance 

Les feuillages rafraîchissent 

  • Tourne soleil 

Ö bel astre jaune et rouge 

Tu es crains et adoré, aztèque 

  • Tourne soleil 

Pars et reviens vite 

Nous voulons danser 

  • Avec toi Soleil 
  • Ton illusion tourne 
  • Va, vient , part et revient 

J en ai la Terre qui tourne ! 

.

 

        La philosophie de la balle de tennis

 

 

Contemple l action 

Regarder le silence d un  escargot 

Sentir la personnalité d une fleur 

Écouter s élever un chant du cœur 

Prolonger la balle lancée  dans le corps 

Aider à sourire qui a de vieux os 

Se remplir d un rire d enfants 

Répondre à sa curiosité de genèse 

Dissoudre un triste malaise 

Applaudir le paon ouvert de couleurs 

Voir l oiseau aux ailes libres 

S émouvoir de la grâce  d un être  

Entrer dans un tableau d artiste 

Accueillir l eau, la rivière qui glisse 

S adoucir de  l herbe, son âme 

Ressentir l amour pousser 

Admirer la beauté de Julia Roberts

Et la classe de Colin Farrell 

Se transporter  dans un film 

 

Et , et …

Conjuguer au présent ou futur proche 

Donc …Rejeter procrastiner et hésiter 

                Et devenir soi 

Car … Être est qu un état 

Et la vie c est Agir,  verbe d action ! 

Vivre , la Sagesse c est agir , agir 

Dit la balle de tennis …..

En contemplAction ! 

 

Mes mots
Mes mots se lèvent telle une plume
Mes mots s éclatent au soleil
Viennent de la lune, mes nuits
Mes rêves , cauchemars , projets
Mes mots s insinuent dans la vie
Rivière et affluents , fleuve et mer
Mes mots viennent vers vous
En verbe, adverbe , noms , adjectifs
Et la suite pour des vers , phrases
Mes mots fleurissent de joie
D amitiés , de reconnaissance
De colère. , de résistance et volonté
D envies, de paix et liberté , les mots
Volent oiseaux, chantent grenouilles
Glisse serpent , poussent herbes
Mes mots frappent aux portes
Montent sur un balcon , sur les collines
S aèrent aux vents et disent , répètent
Je t aime , je t aime
Les mots prient , témoignent
Mes mots ont des cœurs
Un cœur plein d encre , coulant
Dans nos veines , mes mots
Sont amour mes mots sont amour

Mis palabras
Mis palabras se elevan como una pluma
Mis palabras estallaron en el sol.
Mis noches vienen de la luna
Mis sueños, pesadillas, proyectos.
Mis palabras se insinúan en la vida.
Río y afluentes, río y mar
Mis palabras llegan a ti
En verbo, adverbio, sustantivos, adjetivos
Y el resto para versos, frases.
Mis palabras florecen de alegría.
De amistades, de reconocimiento
Enojado. , resistencia y voluntad
De deseos, de paz y de libertad, las palabras
Los pájaros vuelan, las ranas cantan.
Las serpientes se deslizan, la hierba crece
Mis palabras tocan puertas
Sube a un balcón, a las colinas.
Se airean en los vientos y dicen, repiten
Te amo, te amo
Las palabras oran, testifican
Mis palabras tienen corazón
Un corazón lleno de tinta, fluyendo
En nuestras venas, mis palabras
Son amor mis palabras son amor

Mis palabras
My words are as high as a pluma
We put words on the ground.
My nights come from the moon
Mis sueños, pesadillas, projects.
My words are insinuated into life.
River and tributaries, river and mar
Mis palabras llegan a ti
In verbo, adverbio, sustantivos, adjetivos
Y el resto para versos, frases.
Mis palabras florecen de alegría.
Of friendships, of reconocimiento
Enojado. , resistance and voluntad
Of deseos, of peace and of freedom, the words
Los pájaros vuelan, las ranas cantan.
The serpents are unraveling, the hierba crece
Mis palabras tocan puertas
Sube has a balcony, at las colinas.
Se airean en los Vientos y Dicen, Repiten
Te amo, te amo
Las palabras oran, testifican
My words hold heart
A heart full of tinta, fluyendo
En nuestras venas, mis palabras
His amor mis palabras his amor

Verba mea
Verba mea alta sunt ut pluma
Verba in terram ponimus.
Noctes meae a luna veniunt
Mis sueños, pesadillas, incepta.
Verba mea in vitam insinuantur.
Flumina et tributarii, flumina et maria
Verba mea ad te perveniunt
In verbo, adverbio, sustantivos, adjetivos
Y el resto para versos, frases.
Mis palabras florecen de alegría.
De amicitia, de reconocimiento
Iratus. , resistentia et voluntas
Desideriorum, pacis et libertatis, verba
Los pájaros vuelan, las ranas cantan.
Serpentes dissolvuntur, herba crescit
Verba mea fores tangunt
Sube podium, at las colinas.
Se airean en los Vientos y Dicen, Repiten
Amo te, amo te
Verba "oran" (testificari)
Verba mea cor habent
Cor plenum tinta, fluyendo
En nuestras venas, mis palabras
sui amor mis palabras eius amor

 

AMOUR

L'idée devient d'argile

L'Amour devient tactile

Une Réalité éblouie d'un Rêve

Tu es Belle, le soleil sur Eve

Tu es Belle comme une Idée

Celle la Beauté et la Bonté

Tu es Belle comme Unique

Pygmalion invente Galatée

Un artiste devenu gâté

D'une mélodie idyllique

Tu es Belle comme une Idée

Celle de la Beauté et la Bonté

L'émotion épouse nos corps

Le Bonheur m'invite après la peur

L'idée devient d'argile

Tu es déjà le souvenir qui m'habille

Tu es Belle comme une Idée

Celle la Beauté et la Bonté

Empêchement à l américaine 

Coup d État , avec les siennes 

La bourse du moral décroît

Sans la foi et sa loi 

Contre les absences de dimanche 

Blues des Soirs et fins de semaines 

Les matins et jours vides 

Impossible de traverser la Manche 

De rester placide impatient 

Mes amis ou enfants 

Croyais votre présence 

Une amitié avec du sens 

 

La famille , communauté  patrie 

Comme une nation qui oublie 

Ses citoyens , son sang 

Où sont passés les Papa 

Chéris , comment ça va 

Etcaetera, mots presque plats 

Mais si relevés 

Mais si aimés , enlevés aussi 

Minoré le vote du cœur, à part mis 

Mais en égalité reniée 

 

J accepte , j abnègue d espoir 

Sentir, discuter , voir 

Plus qu un scrutin 

Pas assez malin 

Heureusement contre la perversion 

Narcissique et autres versions 

Mensonges politiques comme 

En Amour epsilonesque  donne

Et somme que de fractions 

Irréductibles , si habiles 

Les sorcières sont si viles 

Vrilles comme vis de crucifixion 

 

Empêchement et courbes d humeurs 

Autour d une droite des forts 

Mais fatigués tels des héros 

Après sirènes et grains gros 

 

 

 

.

le Printemps

Le printemps éclate, explose

De mille fleurs jaunes et roses

Et vilolettes, blanches, rouges

Le printemps ravive les cœurs moroses

Dame Nature s'active, bouge

L'arc en ciel a soupoudré ses couleurs

Les oiseaux chantent la rosée, les rayons

Du soleil plus chaud à l'horizon

Le printemps est beau et chaud

Le printemps est l'amour beau 

Tous les espoirs ne sont-ils pas permis? 

La Nature invite  les amis

Le printemps nous épanouit, détend

La sève circule des tiges aux gens 

L'âme prépare le jardin, le sol est vert 

Les chaises s’étalent  au plein air 

 

 

 

 

 

INTERIEUR DOULEUR

Je vis de Peurs et d'Angoisses

Elles sont pleines d'audaces

Envahissent et broient ma paroisse

Fantômes indéfinis cachant leurs faces

Je vis de peurs et d'angoisses

Leurs discours est dur à comprendre

L'inconscient sait nous méprendre

Peur d'avant ou de se rendre

Je vis de peurs et d'angoisses

De l'aube au crépuscule

C'est une étouffante bulle

Une trop grande charge de mule

Je vis de peurs et d'angoisses

Je vais le pas, l'âme hésitants

La vie n'est que questionnements

Je grince,je joue , je mens

Je vis de peurs et d'angoisses

Parfois un soleil, un air frais

M'aide à être ce que je fais

Un Espoir alors naît

Je vis de peurs et d'angoisses

Mais une Révolte tente de déchirer

La surface pour sortir l'entité

La jeter et me retrouver

Je vis de peurs et d'angoisses

Où sont elles que je déplace ?

Je les regarde en face

Me sépare, sors de leur Grotte

J'accepte ces peurs et angoisses

Mais je L’Être à côté

Elles ne dissolvent leur empoisse

Mais je peux à plus tard les renvoyer

Je sais ces peurs et angoisses

Je sais aussi qu'Elles me lassent

 

De l'Egalité

Liberté, Fratenité, Egalité

Car la place est décalée

L'Egalité est à la traîne

Moins présente sur la scène

Dans ce concert des primes idées

Liberté, Fratenité, Egalité

L'Egalité rame, rame dans la Cité

Les rues sombres et le monde

Les ombres loin des rotondes

Les différences sont immondes

Liberté, Fratenité, Egalité

La troisième est refoulée

Acceptée, détournée par lois

Droits tels des actes manquées

Sous le regards des rois

Liberté, Fratenité, Egalité

Je rencontre une bénévole

Que l'égalité soit moins seule

Elle en appelle à la fraternité

Pour la misère, elle, désolée

Liberté, Fratenité, Egalité

Les couteaux sont aiguisés

Pour des tranches disribuées

Mais toujours en parts inégales

Trop sociales,pas assez cardinales

 

DIMANCHE

C'est un Facteur qui passe les dimanches blancs

Je suis comme un élève sur un banc

J'attends comme une Convocation

Je ne suis pas seul dans cette Situation

Je sais mais cela n'est pas le plus rassurant.

Le vide s'invite dans ces dimanches blancs

Le ventre rappelle par ses gros repas

La lourdeur et l'arrêt du fleuve Temps

Ce fuseau , sur les cartes, n'existe pas

Les oiseaux s'en moquent, notre vie attend

D'où vient ce calendrier d'humeurs lentes

C'est Beckett, le doute avant la pente

Du coureur cycliste en désir de victoire

N''est pas des plus apaisant le soir

Jusqu'à l'heure de la Perspective invitante

Je sens venir le Torrent de l'action

Et la mort de l'ennui du dimanche 

 

 

 


HAÏKU SOLEIL COUCHANT

oct 24 ST QDB

Les jeunes mamans et papas tiennent la main

Au sortir de l'école les enfants du destin

Ils traversent le gué piéton sur la rivière

Sous la vigilance du policier doux et sévère.

________

L'eau nous accueille de nos bras ouverts

Notre désir de calme, d'apesanteur

Nous ne faisons qu'un dans la douceur

________

La pluie s'avance, armée tranquille

De puissance sûre, prévenante

Autant inquiétante que rassurante

D'un enveloppe, d'une coquille

 

 

Des graines pour les oiseaux

Un peu , pas trop, sans gène

Cependant comme un cadeau

Et non une dépendance malsaine

Ils doivent garde leurs libertés

La Nature n'apprivoise pas

J'aide l'envol d'hiver las

Passant le relais au printemps

 

 

Qui sommes nous ?

Michel F. Umano est un écrivain passionné dédié à partager ses histoires uniques et sa vision artistique avec le monde. Son talent littéraire va au-delà des mots, transportant les lecteurs dans des univers imaginaires et émotionnels inoubliables.

 

 

DEFILEMENT

Les jours passent et trépassent

Le temps défile sa pelote

De toutes les couleurs possibles

Jouant sur les humeurs invisibles

Sauf au corps qu'elles portent

Parfois plumes, d'autres masses

Mais nous avançons , avançons

Du Destin,c'est la seule solution

Nous avançons, avançons

Dans le climat intérieur

Nous croisons des probabilités

Les dés sont sans cesse lancésEt relancés sur le Tapis des événements

le Destin est toujours surprenant

Faites vos jeux tout va comme il veut

Mais nous cherchons avec l'aide de Dieu

Mais nous avançons , avançons

Du Destin,c'est la seule solution

Nous Espérons toujours à Deux

Ou plus vers le Mieux, notre vœu

Nous sommes des instants pieux

ENCOURAGEMENT

Le temps est frais , humide ces jours

Nous sommes comme près d'un étang

Le sang a la température d'un vin blanc

C'est l'automne qui met les fichiers à jour

L'incertain se montre entreprenant

Le pas est trop vif ou hésitant

Le volcan est à l'intérieur de l'esprit

Dehors les arbres et les fleurs prient

Le cadre est donné, le personnage inspiré

De faits réels comme il est souvent dit

Mais chacun se reflète différemment

Comme sur le plan de l'étang cité ci-avant

Crois toujours avant d'avancer

Laisse ta crainte glisser, se noyer

Avance ta Vie, Ici et Maintenant

Avance ta Vie, Ici et MaintenantLe temps est frais , humide ces jours

Mais ton baromètre est d'un autre climat

A la recherche de ce qui semble perdu

Mais tout est là , les abres aux racines tordues

Le pire est possible, l'impossible est le pire

L'espoir t'encourage sans jamais rire

De toi et des déconvenues de ce qui arrive

Partent des navires joyeux de la rive

Crois toujours avant d'avancer

Laisse ta crainte glisser, se noyer

Avance ta Vie, Ici et Maintenant

Avance ta Vie, Ici et Maintenant

Les rêves sont sans corps mortels

Agrippe ton cheval, remets toi en selle

L'étang n'appelle pas à se noyer

Mais abreuve les champs invités

Avance ta Vie, Ici et Maintenant

Avance ta Vie, Ici et Maintenant

 

 

PLEINE LUNE

Ce soir la Lune fait lampadaire

Effrayemment proche et lointaine

Le paysage vespérale est plus clair

Sur la route, devant nos intimités

Dans nos têtes, nos Humeurs

Frêles ou intenses d'ardeurs

Hormonale, sanguine par capillarité

Ce soir la Lune est grosse de maternelle plénitude

Changeante par cycle son habitude

Et vivante de gratitude, efficace, sans intention

Avec une mécanique elliptique d'exception

Avec action prolongée et ancestrale

Sur les verdures,océans et fables

Les loups sortent et lui hurlent

Les oiseaux chantent, la chouette hulule

La fête et les cauchemars s'invitentLes grenouilles au loinfont chorale

Ce soir dans l'orbite magistrale

Peu importe le site et la suite

L'instant est aux ciel et animal

L'inconscient livre sa morale

La terre ouvre le bal

Ce soir la lune est cheffe d'orchestre

Jusqu'à l'aube de l'autre maître

L'astre prêteur sur gage de lumière

L'orbite peut être idée fixe trop claire

Attention de ne pas trop la laisser

Pénétrer ton esprit, chérie ou mon aimé

La folie peut envahir tes yeux

Elle demande d'être respecteueux

Bientôt l'aube va tomber, exploser

Sur la nature, nos êmes et nos métiers

D'autres fêtes et cauchemars vont se présenter

Alors mon aimé, mon enfant, ma douce, mon ami

Avant le réveil des joies éclairées et ennemis

Profite, profite de l'esquisse de cette lune

Pense à cette vie qui n'est qu'une

Profite de l'éther de l'Instant changeant

Muant, mortellement, dans la longueur

Profite des découvertes de la Largeur

Car tout est largeur, infiniment

Car tout est largeur, infiniment

 

 

Le soir s'invite tôt

Le soleil nous a quitté

Et tourné le dos

Vers une autre journée

De pleine égalité

pour tous les drapeaux

L'été est passé

Encouragé par la pendule

Dans une nature incrédule

Du choix de l'humanité

Les oiseaux ont migré

Vers cette lumière qui bascule

Ainsi vont les saisons

Mais par les chars du soleil,de la lune

Continue la Passion, amie de raison

Malgré tout la sagesse ne fait qu'Une

Sans climat, sans aléas

Quoique Montesquieu pensa !

Continue la Passion, amie de raison

A Dieu stable est mon oraison !

 

Le Roi n'est pas partageur

Caché en dictateur

Il nomme les ennemis

Forcément comploteurs

Le Roi n'est pas partageur

Accuse les autres de fomateurs

C'est logique dans son déni

Déguisé en fausse démocratie

Le Roi n'est pas partageur

A bon gré, mal gré distributeur

Des cartes de légal tricheur

Car sa loi est sans esprit

Le Roi n'est pas partageur

Sans attention,ni audition

Il récite sans ou par cœur

Un débit obtus de mépris

Le Roi élu pourtant mais imposteur



 

De l'Egalité

L'Egalité est l'âme de la Liberté

Clame Frances Wright pour les femmes

L'égalité n'a ni sexe, ni titre de noblesse

Tout est de même flotaison vu de la Divinité

Le vœu est identique pour ceux qui naissent

Mais l'inégalité doit prendre les armes

Certains ont les réservoirs, d'autres le seau

Ici la pléthore est indécente, là la pénurie

La tête dans l'eau, l'air se raréfie

Les Portefeuilles croisent peu les Poches Trouées

Sous les ors et bitcoins étouffe la pauvreté

L'Egalité est l'âme de la Liberté

Et le cœur de Notre Dame de la Fraternité

 

 

Eole n'aime pas trop l'Ecole

Il rêve d'air, voyage et aventure

Le Palais paraît prison, vase colle

Le réveil, le chemins, les devoirs sont durs

L'élève voudrait voler avec les copains !

Eole n'aime pas trop l'Ecole

Mais les rêves ne s'envolent

A l'entrée, les amis donnent la VieLes professeurs, la plupart, aussi

Ouvrent les toits pour Alexandrie

Eole n'aime pas trop l'Ecole

L'école invite Eole, l'école décolle

Se détache du sol, des fondations

Et s'approche des frondaisons

s'envolle vers d'exotiques horizons

L'élève rêve, s'élève malgré la Maîtresse

 

 

EES DE CHANSONS /

AMOUR

L'idée devient d'argile

L'Amour devient tactile

Une Réalité éblouie d'un Rêve

Tu es Belle, le soleil sur Eve

Tu es Belle comme une Idée

Celle la Beauté et la Bonté

Tu es Belle comme Unique

Pygmalion invente Galatée

Un artiste devenu gâté

D'une mélodie idyllique

Tu es Belle comme une Idée

Celle de la Beauté et la Bonté

L'émotion épouse nos corps

Le Bonheur m'invite après la peur

L'idée devient d'argile

Tu es déjà le souvenir qui m'habille

Tu es Belle comme une Idée

Celle la Beauté et la Bonté

 

 

TERRE ,MER ET CIEL

LaTerre et la Mer en ont Assez

Pour son écorce et ses océans

La Nature est altérée, révoltée.

Leurs sangs sont dans l'inconscient

De l'Univers sous le regard du soleil

De la lune pleurant au réveil

L'aurore perd ses couleurs

Le crépuscule déprimerait

Par ces pâles gaz pollueurs

Mais l'Espoir n'a jamais d'arrêt

Dans l'orbite de la persévérance

Et l'audace ovale de sa Confiance

Mais sa Clémence précède ses Colères

LaTerre et la Mer en ont Assez

Des poisons perfusés, des explosions

Sur leurs sols, dans les fonds des poissons

Et surtout ses enfants, Victimes comme elles

Ces Êtres sortis d'elles, retournant trop tôt

Violemment, dans leurs entrailles, gazelles

Déchiquetée par un lion et ses crocs.

Furieuses sont les Colères d'Atlas, Poséïdon

Zeus jette ouragans, tsunamis, inondations

Ces dieux vengeurs renvoient les maux

C'est Démeter, la fertilité, qui chute

Et le Christ , sur son chemin de croix, buteIl est recrucifié, Pilate laisse glisser l'eau

LaTerre et la Mer en ont Assez

Le Destin est détourné , abusé par force

De destruction , plastiques atroces

Autour de la tête, la Terre étouffée

Torture diabolique imaginée !

L Argent devient loi physique, amnésique

Õ planète harcelée, règne le trafic

Õ planète , ton courroux se déclenche

De feu, ouragan , déluge et avalanche

LaTerre et la Mer en ont Assez

Vite, Elles savent aussi pardonner

LaTerre et la Mer en ont Assez

Vite, Elles savent aussi pardonner

Mais les réserves diminuent , diminuent

Tout autant qu'elles sont abattues

 

le Printemps

Le printemps éclate, explose

De mille fleurs jaunes et roses

Et vilolettes, blanches, rouges

Le printemps ravive les cœurs moroses

Dame Nature s'active, bougeL'arc en ciel a soupoudré ses couleurs

Les oiseaux chantent la rosée, les rayons

Du soleil plus chaud à l'horizon

La liberté caresse nos corps

Le printemps sert couleur et chaleur

Le peintre a le choix de couleurs

Tous les espoirs ne sont-ils pas permis ?

Le printemps nous épanouit, détend

La sève circule des tiges aux gens

L'âme prépare le jardin, le sol est vert

Les chaises accueillent au pein air.

Proserpine conseille, veille, encourage

Déesse Nature invite les amis

Le printemps est l'amour promis

Le papillon craque la chrysalide

La vie s'envole dans le vide

Le printemps sert couleur et chaleur

Le peintre a le choix de couleurs

Tous les espoirs ne sont-ils pas permis ?

 

 

Les flammes dansent d'une âme du foyer

Elles embrassent, bras maternelles

Elles embrassent, femme aimante

La bûche est l'enfant transformé

Jaune, rouge, ces couleurs vivantes

La bûche se renouvelle, d'un cycle éternel

Les flammes dansent d'une âme du foyer

Rien n'est défini, obéïssant, calculé

Elles sont libres d'un pouvoir transformateur

Présente et inconsciente, c'est un cœur

Elles patientent les corps autour d'elles

Bienôt le maître Soleil relaiera les belles

Ephémères , puissantes et rebelles

Les flammes dansent d'une âme du foyer

L'existence, la mort, trente sept degrés

La vie aussi est sans cesse renouvelée

La vie aussi est sans cesse renouvelée